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L'ancêtre
Noël SIMARD
et la revanche
des berceaux:
14 enfants et
130 petits-enfants
- Lorsque, en 1838, la
fertile région du Saguenay s'ouvrit enfin à la
colonisation ce fut grâce à la société des
Vingt-et-Un, dont le nom même révélait le
nombre des propriétaires et censitaires de
terres de La Malbaie qui l'avaient formée. Le
monument qui, à La Baie, a été érigé à leur
mémoire comporte leurs noms et on y relève ceux
d'Alexis et de Thomas Simard. C'est d'ailleurs à
bord de la goélette de ce dernier que partit la
première équipe de la société, le 25 avril de
cette année-là.
- La
présence des Simard dans la belle région de
Charlevoix n'était pas de date récente. Ainsi,
Baie-Saint-Paul s'enorgueillit d'un monument à
la gloire de ses pionniers. Il s'orne d'un
haut-relief représentant Noël Simard dit
Lombrette, son épouse, Madeleine Racine, et leur
fille, Rosalie, première enfant d'origine
française née en ce lieu.
- Traversons
l'Atlantique et arrêtons-nous à Angoulême,
préfecture du département de Charente, qui
entretient avec le Québec des rapports
privilégiés, grâce surtout à sa dynamique
Association culturelle Amitié
France-Québec-Charentes. Angoulême a ses rues
du Canada, du Québec et de Montréal, mais aussi
sa rue Lombrette et son allée Noël-Simard, qui
évoquent respectivement le souvenir de Pierre
Simard dit Lombrette et de son fils, Noël, que
l'on retrouve sur le monument de Baie-Saint-Paul.
Tout naturellement, Angoulême s'est jumelée à
notre Chicoutimi et a ajouté à sa toponymie une
rue de ce nom!
- Ce n'est
pourtant pas d'Angoulême que nous est venu le
pionnier Pierre Simard dit Lombrette, mais
presque. Lui et son fils, Noël, étaient
originaires du bourg de Puymoyen; c'est
aujourd'hui une petite commune de quelque 500
habitants; elle est située à seulement 5 km au
sud du centre-ville d'Angoulême, sur la D 104.
- Mais
Pierre Simard fut citoyen d'Angoulême: c'est là
qu'il signa un premier contrat de mariage avec
Catherine Boudier en 1631. Quatre ans plus tard,
c'est encore à Angoulême qu'il en parapha un
second, avec Suzanne Durand, qui sera la mère de
Noël. Mais cette union ne dura pas. En 1657, le
père et le fils s'embarquent pour la
Nouvelle-France. Suzanne ne les suivra pas, et
elle se retrouve si seule, à Angoulême, que
lorsqu'elle y dicte son testament, neuf ans plus
tard, elle se déclare veuve, bien que son mari
vive toujours: en 1681, il habite chez son fils,
à Beaupré, et c'est là que les recenseurs le
trouvent.
- C'est
donc à Puymoyen que Noël vit le jour vers 1636.
Il abordait la vingtaine lorsqu'il passa en
Nouvelle-France. Le père et le fils se fixèrent
sur la côte de Beaupré et le 22 novembre 1661,
celui-ci épousait Madeleine Racine, fille
d'Etienne et de Marguerite Martin, donc
petite-fille du pilote royal Abraham Martin, dont
d'historiques plaines, à Québec, portent le
prénom. Pour bien installer Noël, le père,
lors du contrat de mariage passé le 13 du même
mois par-devant le notaire Guillaume Audouart,
faisait don à son fils de sa terre, avec maison
et grange, se réservant l'usufruit de la moitié
sa vie durant.
- En 1666,
les recenseurs notent la présence du couple sur
la côte de Beaupré. Les deux premiers fils,
Pierre et Noël ont vu le
jour.
L'année suivante, les préposés au relevé
démographique mentionnent que Pierre, le père,
âgé de 64 ans, habite chez son fils, qui a
maintenant une fillette de huit mois,
Marie-Madeleine. Le couple a 13 arpents en valeur
et 4 bêtes à cornes.
- A la
toute fin de 1680 ou au début de l'année
suivante, Noël quitte la côte de Beaupré, où
il est pourtant à la tête d'une exploitation
prospère: 30 arpents en valeur et 20 bêtes à
cornes. Le couple a maintenant neuf enfants.
Chose curieuse, la plus jeune, Rosalie, née le
14 novembre 1680 et dont la présence est notée
en 1681 sur la côte de Beaupré, ne sera
baptisée que le 2 mai de cette dernière année
à la Baie-Saint-Paul, où la famille s'est
maintenant établie, et où elle aura cinq autres
enfants. Ce qui est remarquable, c'est que Noël
et Madeleine n'ont perdu aucun de leurs 14
enfants en bas âge, à une époque où la
mortalité infantile fauchait tant de jeunes
vies. Tous, sans exception, allaient d'ailleurs
fonder des foyers, et ceux-ci devaient contribuer
de façon fort généreuse au peuplement de la
Nouvelle-France. Qu'on en juge.
- Examinons
tout d'abord la progéniture des huit fils.
Pierre épousa Claire Dodier en 1690: 18 enfants;
Noël, Anne Dodier, soeur de la précédente, en
1689: 14 enfants; Etienne, Rosalie Bouchard, en
1695: 11 enfants; Joseph, Gertrude Caron, en
1700: 14 enfants; Augustin, Marguerite Paré, en
1710: six enfants; François, Ursule Paré, soeur
de la précédente, en 1712: huit enfants; Paul,
Geneviève Gagnon en 1716: cinq enfants; et Jean,
Geneviève Gravel en 1714: un enfant.
Malheureusement, Jean décéda environ 8 mois
après son mariage et n'eut pas le bonheur de
connaître son seul fils, également prénommé
Jean. Si nous faisons le compte, les fils du
pionnier Noël lui donnèrent 77 petits-enfants.
- Les six
filles ne voulurent pas démériter et
contribuèrent aussi à répandre des noms de
famille fort connus: Marie-Madeleine épousa
Pierre Tremblay, fils du plus prolifique colon
percheron, en 1683, mais elle décéda hélas
après la naissance d'un premier fils, également
prénommé Pierre; Françoise épousa Jean
Allaire en 1688: sept enfants; Rosalie, Jean
Caron en 1696: huit enfants; Marguerite,François
Bouchard en 1699: 17 enfants; Marie-Madeleine (2e
de même prénom), Antoine Bouchard, frère du
précédent, en 1704: 11 enfants; et Catherine,
Noël Guay en 1716: neuf enfants. Elles
donnèrent 53 petits-enfants au pionnier Noël.
Au total, donc, celui-ci en compta 130. Beaucoup
d'autres colons avaient contracté mariage avant
lui; pourtant, selon une étude basée sur des
données du département de démographie de
l'Université de Montréal, il avait déjà 219
descendants au 31 décembre 1729 et se classait
au 143e rang sur 1,765 familles de la
Nouvelle-France.
- C'est en
1715 que décéda le pionnier, en l'absence du
curé, qui était parti pour Tadoussac assister
des malades. Son acte de sépulture figure aux
registres de la Baie-Saint-Paul à la date du 24
juillet. Pour plus de renseignements, on peut
consulter les notes que le généalogiste
Archange Godbout, o.f.m., a signées dans les
Mémoires de la Société généalogique
canadienne-française, juin 1945 (pp.246-255)
- En 1959,
les Simard dévoilèrent une plaque, à Puymoyen,
sur la maison de leur ancêtre. Celle-ci a été
depuis lors fort remaniée et, dit-on, ne
présente plus d'intérêt patrimonial, mais la
vieille église a conservé tout son cachet
séculaire; c'est d'ailleurs dans son cimetière
que repose M. René Simard, président-fondateur
de l'Association culturelle Amitié
France-Québec-Charentes mentionnée au début de
ce chapitre.
- Extrait
de: Portraits de familles pionnières, de Robert
Prévost.
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- LA SAGE-FEMME
- Les
femmes d'autrefois, souvent éloignées du
médecin, recouraient aux services d'une
sage-femme pour leur aider à l'accouchement d'un
enfant.
- Voici
l'histoire d'une de ces sages-femmes...
- Célina
Simard est née en 1857, à la Malbaie. Elle est
la fille d'Hippolyte Simard et de Racine Picard.
Le 12 février 1874, à la Baie St-Paul, elle
épouse Edouard Tremblay, fils de Luc Tremblay et
de Lucine Boivin.
- En 1896,
la famille vient demeurer à
Notre-Dame-de-Lourdes dans le rang St-François
Est. Célina, d'origine indienne, a donné
naissance à six enfants
- Vue la
nécessité et le manque de médecins, Célina
décide d'être sage-femme...ce qui ne fit pas
l'affaire du médecin local qui ne la regardait
pas d'un bon oeil.
- Elle
parcourait trois paroisses:
St-Louis-de-Blandford, St-Philéas de Villeroy et
Notre-Dame-de-Lourdes. Elle donnait tout son
temps. A toutes heures du jour et de la nuit,
beau temps, mauvais temps, elle était toujours
prête. Elle voyageait en voiture à cheval. Par
mauvais temps, quand elle avait une très longue
route à parcourir, une autre voiture venait à
sa rencontre afin qu'elle se rende auprès de la
femme qui la demandait. Elle prenait toujours le
temps de lui préparer de bonnes tisanes pour la
réchauffer et s'occupait aussi du bébé. Quand
tout allait bien, elle s'en retournait chez elle,
fière d'un travail bien fait. Elle demandait un
dollar par accouchement. Plusieurs années plus
tard, c'était trois dollars par accouchement.
Quelle générosité! Elle était consciencieuse
et très dévouée pour ses patientes. Elle a
rendu de bien grands services au monde.
- Un jour,
une de ses patientes décède, ici, à
Notre-Dame-de-Lourdes, au cours de l'hiver, car
elle avait pris froid. Le médecin a dit:
"Qui a accouché Madame Couture"?
Alors, Monsieur Couture lui répond:
"Célina". Le médecin amena donc
Célina en cour. On déterra la défunte pour une
autopsie. Heureusement, il fut prouvé qu'elle
avait bel et bien pris froid. Dame Célina gagna
son procès. Cette triste aventure ne l'a pas
empêchée de continuer son métier qu'elle
aimait beaucoup. Elle possédait un grand talent,
beaucoup d'expérience, mais pas de diplôme.
- Célina
ne savait ni lire, ni écrire. Pour savoir
combien elle avait fait d'accouchements, elle
prenait une grande feuille de papier et, à
chaque naissance, elle y faisait un trou avec une
aiguille. Lorsqu'elle désirait faire le
décompte, une de ses filles comptait les trous
sur la feuille. Elle aidait de 68 à 75 femmes
par année, à donner naissance à leur bébé.
- C'était
une femme joyeuse qui trouvait que la vie est
belle et vaut la peine d'être vécue. Son
passe-temps préféré était de s'asseoir et
fumer une bonne pipée de tabac. Elle adorait
fumer la pipe.
- Nous
pouvons dire avec fierté que Dame Célina était
une grande Dame. Elle est décédée le 14
juillet 1943 à l'âge de 86 ans et 6 mois.
- Elle a
laissé sur son passage un bagage de savoir vivre
et apprendre à être heureux avec ce que l'on a.
- Dame
Célina Simard-Tremblay, merci pour toute cette
générosité!
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- Extrait
de: NOTRE-DAME-DE-LOURDES 100 ANS 1893-1993
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- Enfants de
Célina Simard et Edouard Tremblay:
- JOSEPH
(1878-1940) époux d'Emma Pilote (soeur de mon
grand-père)
- MARIE
(1879-1945) épouse de Jérémie Pilote (frère
de mon grand-père) (Marie et Jérémie sont les
parents de tante Rose)
- AUGUSTINE
(1887-1976) épouse d'Eugène Pilote (frère de
mon grand-père)
- JULIE ANNA
(1897-1977) épouse d'Amédée - Méridée -
Tremblay
- ISOLA
(1902- ) épouse d'Alcide Bradette
(vit à Plessisville)
- ARTHUR,
décédé célibataire.
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- Elle est le
plus ancien souvenir que j'ai et sur lequel je
puis mettre une date; en effet, j'ai assisté à
sa mort, survenue dans la troisième maison de la
fin du rang St-Louis est, chez son garçon
Joseph, époux d'Emma Pilote, (actuellement 674
rang St-Louis est). Le 14 juillet 1943, j'avais 2
ans et 9 mois. Couchée dans son lit, adossée à
de nombreux oreillers, on lui donna une gorgée
de thé, à même une théière, elle bailla et
mourut.
- Par la suite,
je me souviens du retour chez mon grand-père, à
pieds, avec tante Alice. Je me souviens,
également, de l'avoir vue se bercer, en fumant
une pipe de blé d'inde.
- (Lucette
Bibeault)
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- ? ? ? ? ?
- Mariés à
Notre-Dame-de-Fatima de Plessisville,
- le 1er
décembre 1962:
- Ulric Godbout
(veuf de Elmire Matteau)
-
(fils de Anselme et Marilda Boulet)
- et
- Rose-Anne
Tremblay (veuve de Omer Rouiller)
-
(fille de Edouard et Célina Simard)
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- ? ? ? ? ?
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