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LES
POIRIER, UNE NOMBREUSE FAMILLE
AUX MULTIPLES SOUCHES
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- Les premiers Poirier
qui fondèrent des foyers en Nouvelle-France nous
venaient de Paris, du Quercy et du Poitou. Plus
tard, d'autres pionniers portant le même
patronyme se fixèrent dans nos régions, en
provenance du l'Acadie.
- Vincent
Poirier dit Bellepoire, fils de François et de
Michelle Bonar, était de la paroisse
Saint-Nicolas-des-Champs, à Paris. L'église de
celle-ci existe toujours, au numéro 254 de la
rue Saint-Martin, à deux pas du Centre
Beaubourg. Nous ne nous attarderons pas sur lui,
car un seul fils, décédé à l'âge de huit
ans, naquit de ses deux unions.
- C'est en
qualité de soldat du régiment de Carignan
(compagnie de Chambly) que Jean Poirier dit
Lajeunesse franchit l'océan. Fils de Jean et de
Jeanne Ribairo (un patronyme que les
généalogistes ne sont pas parvenus à
déchiffrer de façon certaine), il était de la
région du Quercy, Bassin aquitain, qui coïncide
maintenant avec les départements du Lot et de
Tarn-et-Garonne. Son bourg natal, Molières,
compte de nos jours un peu plus d'un millier
d'habitants. La façon la plus facile de repérer
cette commune sur une carte à grande échelle
est de prendre pour point de départ l'important
chef-lieu départemental de Montauban: d'ici, la
D 959 chemine franc nord et atteint Molières en
23 kilomètres.
- Jean
Poirier contracta deux alliances, mais seule la
première nous intéresse, car la seconde demeura
sans progéniture, sauf pour un enfant
apparemment mort-né.
- A
Montréal, le 18 mars 1668, il conduisit à
l'autel Marie Langlois, fille de Thomas et de
Marie Neufville. L'homme d'affaires Jacques Le
Ber assistait au mariage, célébré par le
sulpicien Gilles Perot, deuxième curé
missionnaire de Ville-Marie. Le capitaine Jacques
de Chambly avait sans doute été satisfait du
comportement du soldat Poirier dans la compagnie
qui portait son nom, car, le 15 octobre 1673, il
lui accordait une concession dans la seigneurie
qui lui avait été concédée le 29 octobre de
l'année précédente et qui avait front sur la
rivière Saint-Louis (l'actuelle Richelieu).
- Le jeune
colon ne prit pas le temps de mettre sa terre en
valeur. Dès novembre 1674, il s'en départissait
au profit d'un certain Aufray Coulon dit Mabrian.
C'est seulement le 8 avril 1680 qu'il signera un
contrat de mariage avec celle qui était devenue
son épouse douze années plus tôt!
- En 1681,
les recenseurs notent la présence de cinq
enfants sous le toit familial et Jean Poirier ne
roule pas sur l'or: il ne cultive que quatre
arpents. En 1685, le nouveau seigneur de Chambly
lui concède une terre. Au cours des années
suivantes, il se portera acquéreur de près
d'une demi-douzaine d'autres concessions.
- Le couple
Poirier/Langlois eut dix enfants, la plupart
sinon tous nés à Chambly et baptisés à
Boucherville et à Contrecoeur. Au moins deux des
fils fondèrent des foyers. En 1694, Daniel
unissait sa destinée à celle de Catherine
Viger, qui lui donna près d'une quinzaine
d'enfants, dont sept fils qui contractèrent à
leur tour pas moins de onze unions. L'autre fils,
Philippe, épousa, en 1710, Marie-Marguerite
Vacher dite Lacerte, fille de Jean-Guy et de
Marguerite Benoît, mais il fut moins prolifique
que Daniel, car la mort le faucha dès 1717. Il
avait été père de quatre enfants, dont un seul
fils.
- Le
pionnier Jean Poirier décéda à Boucherville en
1722. Sa première épouse l'avait précédé
dans la tombe en 1687, et sa seconde, remariée,
lui survécut cinq années.
- En 1676,
à Sorel, Michel Poirier, qui était dit
Langevin, surnom qui trahit sa province
d'origine, épousait une fille du roi venue de
Paris, Jeanne Rigaud, fille de feu André et de
Françoise Perrin. Taillandier et maître
armurier, Michel vécut tout d'abord à Sorel,
puis à Montréal, et se fixa à Champlain. Six
enfants naquirent de cette union, dont quatre
fils. L'un d'eux, Étienne, se maria à son tour,
en 1698, avec Suzanne Cousson, fille de François
et de Marguerite Poignet dite Beauregard, mais il
n'eut le temps que de lui donner une fille avant
de décéder. Les dictionnaires généalogiques
ne nous disent pas ce qu'il est advenu des autres
fils.
- Deux
Poitevins devaient ensuite fonder des foyers. Le
premier, Nicolas, originaire des Brouzils, non
loin de La Roche-sur-Yon, épousa à Montréal,
en 1689. Anne Rabouin, fille de Jean et de
Marguerite Ardion. Il décéda quelques années
plus tard. Des cinq enfants du couple, une seul
atteignit la maturité, Jean, qui, en 1714,
conduisit à l'autel Marguerite Jarry, fille
d'Henri et d'Agathe L'Écuyer. Le couple eut une
dizaine d'enfants et cinq de ses fils
contractèrent à leur tour des unions avec des
jeunes filles nommées Danis, Lenoir-Rolland,
Dumouchel, Durand et Tabeau.
- En 1709,
un autre Poitevin se marie à Montréal, Joseph
Poirier dit Desloges, un soldat de la compagnie
de La Corne. Sa compagne, Marie Gauthier, est la
fille de Pierre et de Charlotte Roussel et la
veuve du maître d'armes Alexandre Turpin. Joseph
est originaire de Lathus (maintenant
Lathus-Saint-Rémy), non loin de Montmorillon.
Après quelques années à Montréal, le couple
se fixe à la pointe ouest de l'île et dès
lors, ses enfants sont baptisés à
Sainte-Anne-de-Bellevue.
- Le couple
Poirier/Gauthier eut neuf enfants et six de leurs
fils, Charles, Jean-Baptiste, Joseph, Jean,
Jacques et Pierre, se marièrent à leur tour. En
1729, le père contracta une seconde union, avec
Marie-Marguerite Lalande, fille de Léonard et de
Gabrielle Beaune: 13 autres enfants virent ainsi
le jour, dont quatre fils, et même si nous
ignorons ce qu'il advint de ceux-ci, on ne sera
pas étonné de ce qu'il y ait quatre colonnes de
Poirier dans l'annuaire téléphonique de la
seule banlieue Ouest de Montréal! Au total,
Joseph Poirier dit Desloges fut père de plus
d'une vingtaine d'enfants.
- Avant la
fin du Régime français, deux autres Poirier
fondèrent des familles: en 1737, Pierre, du
diocèse d'Angers, avec Marie-Catherine Sédilot,
et en 1741, un autre Pierre, de Gournay, diocèse
de Beauvais, avec Marie-Louise Lecourt.
- Mais il
ne faudrait pas minimiser l'apport des Acadiens.
Dès 1640, on trouve des Poirier à Port-Royal.
Au début du XVIIIe siècle, les Poirier étaient
déjà la plus nombreuse famille de la seigneurie
de Beaubassin. De nos jours, on trouve des
descendants des Poirier acadiens dans les
régions de Nicolet, des Bois-Francs, de
Sherbrooke et de Drummondville, de même que dans
la Beauce.
- Selon
l'archiviste É.Z. Massicotte, c'est Pascal
Poirier, ministres des Postes et chevalier de la
Légion d'honneur, né à Shediac,
Nouveau-Brunswick, qui fut à l'origine du choix
de l'Ave Maris Stella comme hymne national des
Acadiens.
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- Extrait
de: Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost
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