LA ROCHELLE,
LA SOURCE DE NOS FAMILLES PILOTE



 Dès le XVIIIe siècle, des liens de commerce unissaient La Rochelle et Québec. Au nombre des négociants qui approvisionnaient la colonie figurait François Perron, propriétaire d'un voilier, Le Taureau, qui faisait la navette entre les deux villes, et dont le nom du capitaine nous est connu grâce au Journal des Jésuites. Dans le rappel qu'on y trouve des événements survenus en juin 1657 figure la note suivante: «21. Mouilla devant Québec le vaisseau du capitaine Tadourneau». Le vaisseau n'apportait pas que des marchandises: à bord se trouvait l'ancêtre de nos Pilote de vieille souche.

 Léonard Pilote arriva seul. Sans doute souhaitait-il se rendre compte des conditions qui prévalaient de ce côté-ci de l'Atlantique avant d'y faire venir sa famille. Le 26 mai 1644, en l'église Sainte-Marguerite de La Rochelle, il avait épousé une certaine Denise Gauthier, mais la note inscrite au registre n'identifie aucun des parents des conjoints; elle spécifie que les époux avaient signé leur contrat de mariage par devant un certain Dougnet, notaire, mais le regretté abbé Georges-Renaud Pilote, auteur d'un volumineux ouvrage sur sa famille, n'a pu retracer le document aux Archives départementales de Charente-Maritime. Le pionnier laissait derrière lui son épouse enceinte et une fille, Marguerite, baptisée en l'église Saint-Nicolas le 6 juin 1653. Après l'arrivée du père en Amérique, Denise accouchait d'un fils, Jean, baptisé le 16 septembre 1657 en l'église Saint-Sauveur. C'est vers 1660, semble-t-il, que l'épouse et les deux enfants vinrent rejoindre Léonard.

 Un seul autre fils naquit au couple, Pierre, baptisé à Québec en 1663. Hélas, le père décéda dès 1665. L'abbé Thomas Morel, qui desservait la côte de Beaupré, dans son compte rendu des premiers miracles notés à Sainte-Anne-de-Beaupré, mentionne que Léonard y avait été guéri d'une affection à la vue, de même que sa fille, qui avait été «incommodée de tout le corps». Au moment de son décès, Léonard était à l'emploi d'Étiennette Després, veuve du sieur Duplessis-Kerbodot tué par les Iroquois en 1652, au moment où il était gouverneur des Trois-Rivières.

 La fille du couple Pilote/Gauthier, Marguerite, devint en 1671 l'épouse de Jean Drouard, à qui elle ne donna que deux enfants. Le benjamin des fils, Pierre, qui fut domestique au séminaire de Québec, fonda aussi un foyer, en 1694, avec Marie-Jeanne Brassard, fille de Jean-Baptiste et de Jeanne Quelvé; il semble n'avoir été père que d'une fille, Marguerite, qui épousa en 1715 Joseph Racine dit Beauchesne et fut mère de huit enfants.

 C'est donc à l'aîné des fils, Jean, que nos Pilote doivent d'être nombreux.
 Avant de nous pencher sur la descendance de Jean, notons que sa mère s'était remariée en 1667, avec Robert Lefebvre, qui cultivait une terre non loin de celle des Pilote. Or, ils se «donnèrent» aux Jésuites. Lors du recensement de 1681, Robert était domestique au séminaire. L'ancêtre maternelle des Pilote fut au service des pères pendant une douzaine d'années, soit jusqu'à son décès survenu en 1695.

 Le 27 juin 1678, à Québec, Jean Pilote fonda un foyer avec Marie-Françoise Gaudry, fille de Nicolas et d'Agnès Morin. Il semble que le couple eut 13 enfants, et non pas 14, comme on l'a écrit. Nous reviendrons plus loin sur ce petit problème. Six d'entre eux furent des garçons. Le troisième,Ignace, décéda avant d'atteindre ses dix ans, et les deux derniers furent des jumeaux, Charles et Jacques, mais ce dernier serait décédé en bas âge car on n'a pas retrouvé sa trace.
 
 
 L'aîné prénommé Jean comme son père, vit le jour le 5 octobre 1681. Le 21 octobre 1710, à Québec, il épousait Catherine Brassard, la soeur de Marie-Jeanne mentionnée plus haut. Il devint un habitué des Postes du roy, à Tadoussac et au Saguenay, où se pratiquaient, au profit des coffres de Sa Majesté, de fructueuses traites de pelleteries. Ses absences ne l'empêchèrent pas d'être père de sept enfants dont quatre fils, le dernier de ceux-ci étant né à Chicoutimi (1724).

 Le deuxième fils, André, né le 12 juillet 1687, aurait été dit Pierre par la suite, et les généalogistes auraient considéré qu'il s'agissait de deux fils distincts. C'est en tout cas la thèse du regretté abbé Pilote, cité précédemment, qui s'est basé sur un certain nombre de facteurs, mais la preuve formelle n'en existe pas. Le 30 septembre 1716, «Pierre» conduisit à l'autel Louise Chalifou, fille de Paul-François et de Jeanne Philippeau, qui lui donna sept enfants, dont une fille née à Tadoussac. L'un des fils de ce couple, Joseph-Charles, se maria quatre fois. Le 12 mai 1732, l'intendant accorda à Pierre Pilote une commission d'huissier au Conseil souverain. Après la conduite d'une information sur ses moeurs, sa compétence et sa fidélité à la religion catholique, on procéda à l'enregistrement de sa commission.

 Le 27 juillet 1726, un troisième fils, Joseph, né en 1699, épousa Marie-Barbe Rancourt, fille de Joseph et de Françoise Daveau. On imagine la profonde tristesse dans laquelle s'écoula l'existence du couple: celui-ci, selon le généalogiste Tanguay, eut huit fils et trois filles. Or, toutes les filles et six des fils décédèrent en bas âge; il dut en être ainsi pour les deux autres fils, car on n'en a pas trouvé trace. Enfin, le 22 octobre 1730, Charles unit sa destinée à celle d'Ursule Tremblay, fille de Michel et de Geneviève Bouchard. Neuf enfants, dont cinq fils, naquirent de cette union, tous baptisés à la Baie-Saint-Paul, et tous les fils fondèrent à leur tour des foyers; leurs descendants essaimèrent un peu partout au Québec.

 Jean Pilote, fils de Léonard, s'était établi à Saint-Nicolas, en face de Québec, dès 1677. Il y vécut jusqu'en 1713. Devenu veuf, il vendit alors sa terre. L'abbé Pilote, déjà cité, dit que les descendants des fils de Jean passèrent par la région de Bellechasse pour se répandre dans la Beauce et aux États-unis, et que l'on en trouve dans la région de La Prairie. Montréal en compte quelques centaines.

 Le plus réputé de tous a oeuvré dans la région dite de la Côte-du-Sud: l'abbé François Pilote a fondé l'École d'agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, où sa mémoire est perpétuée par un musée régional qui porte son nom et dont la collection permanente évoque la vie rurale de nos grands-parents.

 Note: on peut se procurer l'ouvrage de l'abbé Georges-Renaud Pilote en s'adressant à Gabrielle Grenon, 79, avenue Saint-Georges, Roberval, Qc. G8H 1C7
 
 
 
 
Extrait du cahier de La Presse, du 24 février 1996, Les origines avec la collaboration spéciale de Robert Prévost
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
      PILOTE
 Léonard Pilote travaille en Nouvelle-France depuis deux ans. Aucune mention n'a encore été faite de sa famille. Le nom de son épouse, Denise Gaultier, n'apparaît nulle part. Léonard serait venu ici seul en éclaireur. Il aurait fait venir sa femme qui demeurait à Saint-Nicolas, évêché de La Rochelle vers 1659. Le couple Pilote était uni depuis avant 1653, année du baptême de Marguerite, l'aînée. (CF Gérard Lebel, C.Ss.R.)
 
Extrait de: Généalogie du Frère Eloi-Gérard Talbot, mariste.


LA SAGE-FEMME
 
 Les femmes d'autrefois, souvent éloignées du médecin, recouraient aux services d'une sage-femme pour leur aider à l'accouchement d'un enfant.
 Voici l'histoire d'une de ces sages-femmes....

 Célina Simard est née en 1857, à la Malbaie. Elle est la fille d'Hippolyte Simard et de Racine Picard. Le 12 février 1874, à la Baie St-Paul, elle épouse Édouard Tremblay, fils de Luc Tremblay et de Lucine Boivin.

 En 1896, la famille vient demeurer à Notre-Dame-de-Lourdes dans le rang St-François Est. Célina, d'origine indienne, a donné naissance à six enfants.
 Vue la nécessité et la manque de médecins, Célina décide d'être sage-femme...ce qui ne fit pas l'affaire du médecin local qui ne la regardait pas d'un bon oeil.

 Elle parcourait trois paroisses: St-Louis-de-Blandford, St-Philéas de Villeroy et Notre-Dame-de-Lourdes. Elle donnait tout son temps. A toutes heures du jour et de la nuit, beau temps, mauvais temps, quand elle avait une très longue route à parcourir, une autre voiture venait à sa rencontre afin qu'elle se rende auprès de la femme qui la demandait. Elle prenait toujours le temps de lui préparer de bonnes tisanes pour la réchauffer et s'occupait aussi du bébé. Quand tout allait bien, elle s'en retournait chez elle, fière d'un travail bien fait. Elle demandait un dollar par accouchement. Plusieurs années plus tard, c'était trois dollars par accouchement. Quelle générosité! Elle était consciencieuse et très dévouée pour ses patientes. Elle a rendu de bien grands services au monde.

 Un jour, une de ses patientes décède, ici, à Notre-Dame-de-Lourdes, au cours de l'hiver, car elle avait pris froid. Le médecin a dit: "Qui a accouché Madame Couture?" Alors, Monsieur Couture lui répond: "Célina". Le médecin amena donc Célina en cour. On déterra la défunte pour une autopsie. Heureusement, il fut prouvé qu'elle avait bel et bien pris froid. Dame Célina gagna son procès. Cette triste aventure ne l'a pas empêchée de continuer son métier qu'elle aimait beaucoup. Elle possédait un grand talent, beaucoup d'expérience, mais pas de diplôme.

 Célina ne savait ni lire, ni écrire. Pour savoir combien elle avait fait d'accouchements, elle prenait une grande feuille de papier et, à chaque naissance, elle y faisait un trou avec une aiguille. Lorsqu'elle désirait faire le décompte, une de ses filles comptait les trous sur la feuille. Elle aidait de 68 à 75 femmes par année, à donner naissance à leur bébé.

 C'était une femme joyeuse qui trouvait que la vie est belle et vaut la peine d'être vécue. Son passe-temps préféré était de s'asseoir et fumer une bonne pipée de tabac. Elle adorait fumer la pipe.

 Nous pouvons dire avec fierté que Dame Célina était une grande dame. Elle est décédée le 14 juillet 1943 à l'âge de 86 ans et 6 mois.
 
 Elle a laissé sur son passage un bagage de savoir vivre et apprendre à être heureux avec ce que l'on a.

 Dame Célina Simard-Tremblay, merci pour toute cette générosité!
 
 
 
Extrait de: NOTRE-DAME-DE-LOURDES 100 ANS   1893-1993
 
 
 
 
 
Enfants de Célina Simard et Édouard Tremblay:
 
 
ARTHUR, décédé célibataire
 
JOSEPH (1878-1940) époux d'Emma Pilote (soeur de mon grand-père)
 
MARIE (1879-1945) épouse de Jérémie Pilote (frère de mon grand-père) (Marie et Jérémie sont les parents de tante Rose)
 
AUGUSTINE (1887-1976) épouse d'Eugène Pilote (frère de mon grand-père)
 
ROSE-ANNA épouse d'Omer Rouiller; dans un 2e mariage: Ulric Godbout   (le 1-12-1962 à N-D-de-Fatima de Plessisville) (fils   d'Anselme et Marilda Boulet) (veuf de Elmire Matteau)
 
JULIE-ANNA (1897-1977) épouse d'Amédée - Méridée - Tremblay
 
ISOLA (1902) épouse d'Alcide Bradette (vit à Plessisville)
 
 
 
 
 
Elle est le plus ancien souvenir que j'ai et sur lequel je puis mettre une date; en effet, j'ai assisté à sa mort, survenue dans la troisième maison de la fin du rang St-Louis est, chez son garçon Joseph, époux d'Emma Pilote, (actuellement 674 rang St-Louis est). Le 14 juillet 1943, j'avais 2 ans et 9 mois. Couchée dans son lit, adossée à de nombreux oreillers, on lui donna une gorgée de thé, à même une théière, elle baîlla et mourut.
Par la suite, je me souviens du retour chez mon grand-père, à pieds, avec tante Alice. Je me souviens, également, de l'avoir vue se bercer, en fumant une pipe de blé d'Inde. 
(Lucette Bibeault)
 
 
 
 

 

 
     
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