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La
grande famille des PERRON
compte 27,000 membres au Québec
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- Au XVIIe siècle, la
ville de La Rochelle, ancienne capitale de
l'Aunis et de nos jours préfecture du
département de la Charente-Maritime, fut l'un
des plus grands ports de France, et l'un des
premiers à tirer profit de l'établissement
d'une colonie dans la vallée du Saint-Laurent.
De nombreux pionniers d'origine rochelaise s'y
installèrent et certains s'employèrent à
instaurer d'importants échanges commerciaux
entre leur pays d'adoption et leur ville natale.
- Au nombre
des marchands de La Rochelle qui nouent des liens
commerciaux avec la Nouvelle-France figure
François Peron, un avitailleur qui, chaque
année, de 1655 à 1663, affrète un voilier pour
la livraison de denrées et de marchandises à
Québec. Ce bourgeois est de foi protestante. Ne
nous en étonnons pas: tôt convertie aux idées
de la Réforme, La Rochelle devint, dès la
première moitié du XVIe siècle, un centre
calviniste actif. D'ailleurs, on trouve dans les
registres de l'état civil un certain nombre de
nos pionniers qui ont été baptisés au temple
calviniste de La Rochelle. Mentionnons par
exemple: Alexandre Petit (1623), Elie Bourbeau
(1626), Elie Dussault dit Lafleur (1635), Jacques
Delugré (1636), Jean Soulard (1643), Gabriel
Duprat (1656), Pierre Sylvestre (1661)...
- En 1638,
François Peron eut affaire avec une jeune
calviniste, Jeanne Suire. Bien qu'il reconnut
avoir joui de la compagnie charnelle de
Jeanne, François refusa de l'épouser
lorsqu'elle se trouva enceinte d'un chérubin,
Daniel. Enfant naturel, celui-ci sera désigné
comme Daniel Peron dit Suire. Ne recherchez pas
son acte de baptême à La Rochelle: on l'a
retrouvé dans les registres regroupant les actes
de l'état civil protestant de Dompierre-sur-Mer
et de Bourgneuf qui, de nos jours, sont des
communes de l'arrondissement de La Rochelle. Les
parents de Jeanne auraient-ils souhaité voiler
ainsi une naissance hors mariage? On peut le
penser.
- En 1657,
Daniel vient en Nouvelle-France pour la première
fois. Si le père a refusé d'épouser la mère,
il n'en abandonne pas pour cela son fils, loin de
là. Et peut-être sied-il d'ouvrir ici une
parenthèse: la plupart de nos fondateurs de
lignées ont franchi l'Atlantique pour prendre
racine dans la glèbe; Daniel, lui, est animé
par une autre motivation: il est représentant de
commerce. L'un de ses descendants, M. Guy Perron,
membre de la Société généalogique
canadienne-française, secrétaire et archiviste
de l'Association des familles Perron d'Amérique,
a résumé de façon fort juste l'existence de ce
pionnier dans le titre du livre qu'il lui a
consacré en 1990: «Daniel Perron dit Suire
(1638-1678): une existence dans l'ombre du
père». Car, même en Nouvelle-France,
l'avitailleur rochelais, calviniste convaincu,
poursuit son fils de ses convictions
profondément chevillées: comment pourrait-il
comprendre que dans la lointaine colonie, il faut
faire sienne la foi catholique pour survivre?
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- C'est à
bord du Taureau que Daniel franchit l'Atlantique,
en 1657, en compagnie de Michel Desorcis
(ancêtre de nos actuelles familles Desorcy), que
François Peron a mandaté pour le représenter
en Nouvelle-France. Daniel rentre à La Rochelle
après quelques mois et son père lui donne une
procuration pour remplacer Desorcis. Tout heureux
de mériter cette confiance, il se rembarque, sur
L'Aigle Blanc, cette fois, et envisage de se
fixer dans la colonie, mais pour fonder un foyer,
il doit abjurer le calvinisme. Il le fait devant
l'abbé Louis Ango de Maizerets le 6 décembre
1663. C'est que l'automne précédent est arrivé
un groupe de filles du roi, parmi lesquelles
Louise Gargotin, une presque concitoyenne, car
elle était originaire de La Jarrie, un bourg
situé à seulement 8 km du centre de La
Rochelle.
- Le 23
février, Daniel et Louise signent leur contrat
de mariage et, trois jours plus tard, l'abbé
Thomas Morel, l'un des premiers prêtres du
séminaire de Québec, bénissait leur union.
Lorsque François Peron apprit l'abjuration de
son fils, il le renia, et celui-ci, qui avait
toujours porté le nom de famille de sa mère,
prit celui de son père. On devait dès lors le
désigner comme Daniel Peron dit Suire et une
deuxième lettre «r» s'ajouta à ce patronyme.
- Le couple
se fixa à L'Ange Gardien et eut six enfants,
dont trois fils. L'un de ceux-ci ne vécut qu'à
peine plus d'un mois. Antoine, né en 1664,
épousa en 1691 Jeanne Tremblay, fille du
prolifique Pierre, et fut le père de huit
enfants, dont quatre fils; Antoine Perron fut
domestique chez Martin Prévost, l'ancêtre du
signataire de ces lignes. Jean, qui était dit
Suire, comme son père, né en 1672, contracta
deux unions: la première en 1698 avec Anne
Godin, fille de Charles et de Marie Boucher, et
la seconde en 1706 avec Suzanne Touchet, fille de
Simon et de Marie Gignard; naquirent de ces deux
mariages quatre enfants dont trois fils et 11
enfants dont huit fils, respectivement. Daniel
Perron épuisa-t-il ses forces à mettre sa terre
en valeur? Il décéda prématurément en 1678,
à l'âge de 39 ans.
- M. Guy
Perron a retracé un autre homonyme venu en
Nouvelle-France peu avant la fin du régime
français: Joseph Dugrenier dit Perron, fils de
Pierre et de Thérèse Grenet, né vers 1720. La
famille était de Rouen.
- Joseph
Dugrenier dit Perron obtint une terre à
Saint-Joseph de Beauce vers 1740 et devint ainsi
l'un des pionniers de cette paroisse. Le 5
février 1742, il épousait Marie-Anne Jacques,
fille de Pierre et de Marie-Ambroise Chalifour.
Le couple eut dix enfants, dont sept devaient
survivre. Cinq de ceux-ci étaient des fils qui
tous fondèrent des foyers: Jean-Baptiste, en
1773, avec Marguerite Matteau (5 enfants);
Joseph, en 1774, avec Marie-Barbe Patry et cinq
ans plus tard avec Marie Lambert dite Champagne
(2 enfants); Vincent, en 1777, avec Marie-Louise
Deblois (3 enfants); Charles, en 1787, avec
Geneviève Parent (7 enfants), puis en 1809 avec
Louise Lessard (1 enfant); enfin, Louis, en 1788,
avec Hélène Deblois (6 enfants).
- Les
Perron sont nombreux en Amérique du Nord. Leur
association estime à 27,000 le nombre de ceux du
Québec. Celle-ci a été fondée en 1991 et,
l'année suivante, elle marquait le 250e
anniversaire de mariage du pionnier Joseph
Dugrenier dit Perron dans la première chapelle
de Saint-Joseph de Beauce.
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- Extrait
de: Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost.
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