Les PAQUET,
une grande famille
authentiquement poitevine

 
 
 La venue en Nouvelle-France du régiment de Carignan freina considérablement les incursions iroquoises, et la nomination de Jean Talon en qualité d'intendant donna une impulsion sans précédent à la colonisation. Il en résulta un climat de stabilité qui attira de nouveaux contingents de colons dans la vallée du Saint-Laurent.

C'est à la faveur de ce climat de relative sérénité que nous arrivèrent plusieurs pionniers portant le patronyme de Paquet, qu'ils épelaient soit Pasquet, soit Pasquier. Quelques rares familles ont retenu la forme ancienne, mais la très grande majorité des descendants écrivent Paquet ou Paquette: il y en a au-delà de vingt colonnes dans le bottin téléphonique de Montréal. En France, les dictionnaires d'anthroponymie retiennent essentiellement Pasquier, mot de l'ancien français désignant un pâturage.

 Le premier Paquet qui a fondé un foyer en Nouvelle-France, Pierre, venait de la paroisse Notre-Dame de Cougnes, à La Rochelle. Il était fils de Pierre et de Marie Gaillard. Le 26 août 1668, dans l'île d'Orléans, il épousait Marie Caillé, veuve de Pierre Lafaveur et fille de Nicolas et de Madeleine Lamy, de la paroisse Saint-Vivien de Rouen. En 1667, les recenseurs le trouvèrent sur la côte de Beaupré, chez le colon Jean Picard dont il était le domestique. Il avait 26 ans. C'est à La Rochelle, le 23 mars 1665, qu'il s'était engagé en vue de son émigration.

 Le couple eut neuf enfants, dont cinq fils. Un seul devait fonder un foyer, Pierre, qui épousa, en 1674, Marie Charland, fille de Claude et de Jeanne Pelletier, mais il décéda à l'âge de seulement 33 ans. Des quatre filles, une seule aussi se maria, mais de son union à Robert Rivière naquit un seul fils décédé avant l'âge de deux ans. La mortalité infantile fauchait un nombre incroyable d'enfants au XVIIe siècle.

 Mais d'autres Paquet, originaires du Poitou, fondèrent des foyers peu après le Rochelais, et certains d'entre eux devaient connaître une riche progéniture.

 Etienne Paquet, que l'on trouve à Charlesbourg en qualité de jardinier dès 1666, était arrivé avec le régiment de Carignan. Fils d'Etienne, un maître menuisier de Dissay, près de Poitiers, et de Jeanne Poussarde, il conta fleurette, dans sa hâte de fonder un foyer, à une jeune Parisienne, la fille d'un maître jardinier florissier, Françoise Barbery, et, de fil en...épine, signa avec elle un contrat de mariage par-devant notaire. Laquelle des deux parties regretta une décision peut-être prise sans mûre réflexion? La convention fut annulée et Etienne jeta son dévolu sur une autre Parisienne, Henriette Rousseau, fille de Jacques et de Jeanne Arnoult. Il la conduisit à l'autel, à Québec, le 6 octobre 1668, et le couple attendit un mois pour passer chez...le même notaire. Seulement trois enfants naquirent de cette union, dont un fils, Philippe, mais celui-ci, qui, en 1699, épousa Jeanne Brosseau, fille de Julien et de Simone Chalifou, en eut 13 dont cinq fils, de sorte qu'après tout, Etienne compte de nos jours beaucoup de descendants.
 
 
 
 
 
 
 
 
 En 1667, deux autres Pasquier passèrent en Nouvelle-France: Méry et Maurice, le père et le fils. Or, rappelle le généalogiste Roland-J. Auger, ils se présentèrent en 1659 chez le même notaire, à Poitiers, pour un double contrat de mariage: le père, Méry, déjà veuf, épousait Renée Guillocheau, veuve de Jacques Forget, et le fils, Maurice, se mariait à Françoise Forget, la fille de celle qui, le même jour, devenait la compagne de son père! Méry traversa l'Atlantique avec deux fils (dont Maurice), une fille et sa nouvelle épouse, et Maurice avec son épouse et une fille. Le couple Pasquier/Forget devait avoir cinq enfants dans la colonie. Quant au mariage Pasquier/Guillocheau, il demeura sans postérité.

 René, l'un des deux fils de Méry, épousa Hélène Lemieux, fille de Gabriel et de Marguerite Leboeuf, en 1679, et eut six enfants dont trois fils. Des six enfants de Maurice, quatre étaient des fils  et trois fondèrent des foyers: Louis en 1690 avec Geneviève Leroux, Jean-François en 1693 avec Marie Marcoux et Jacques en 1697 avec Marie-Françoise Stephen. Dans son excellent ouvrage intitulé  De la Nouvelle-Angleterre à la Nouvelle-France, le généalogiste Marcel Fournier précise que cette dernière, prénommée Katharine à sa naissance, avait été capturée en 1689 lors d'une attaque contre le poste de Pemaquid (Woolwich, Maine), avait vécu plusieurs années auprès d'Amérindiens en Nouvelle-France puis avait été baptisée sous le prénom de Marie-Françoise. Des pionniers Pasquier sont issus de nombreuses familles Paquet et Paquette.
 Nous n'avons pas épuisé la liste des pionniers venus de France. Le 12 juin 1669, dans l'île d'Orléans, Philippe Paquet, fils d'Antoine et de Renée Fouyart, de Saint-Martin-la-Rivière, non loin de Montmorillon, épousait Françoise Gobeil, fille de Jean et de Jeanne Guyet: dix enfants dont huit fils. Cinq de ces derniers se marièrent à leur tour: Philippe à Marie Fontaine (1700), Jean à Marie Charland (1708), François à Angélique Paradis (1715), Pierre à Eléonore Roberge (1717) et Augustin à Marie-Jeanne Badeau.

 Jean Paquet, de Pamproux, près de Niort, fils de Jean et de Suzanne Biraudeau, épousa à Sillery, en 1669, Marguerite Blaise, fille de Jean et de Mathurine Malescot. Sans progéniture.

 Nous ne saurions énumérer les Paquet qui ont joué un rôle important, car ils furent nombreux; contentons-nous d'en mentionner un seul, le compositeur d'O Canada, car le père de Calixa Lavallée, l'un des plus brillants musiciens de son temps, s'appelait Jean-Baptiste-Augustin Paquet dit Lavallée, et il fut son premier maître.
 
 
 
 
 
 
 
Extrait de: Portraits de familles pionnières de Robert Prévost
 
     
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