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LES
LARUE,
UNE REMARQUABLE FIDELITE
A LA TERRE ANCESTRALE
Au XVIIe siècle, deux
pionniers ont contribué à l'enracinement du patronyme
Larue en Nouvelle-France, et ils étaient
géographiquement cousins, puisque d'origine normande.
Autre trait commun, leurs fils ont participé à la
consolidation de deux bourgs qui allaient devenir des
municipalités de la rive nord du Saint-Laurent, entre
Québec et les Trois-Rivières: Neuville et La Pérade.
Et les deux pionniers s'étaient mariés la même année.
Jean de
Larue, fils de Michel et de Madeleine Gillain, était
originaire de Bréel.
Assez souvent, les dictionnaires généalogiques
mentionnent Bray, mais il n'existe pas de localité de ce
nom dans le département de l'Orne. D'ailleurs, l'acte de
mariage du pionnier, dont le texte se lit sans
difficulté, mentionne très clairement qu'il était «de
la parroisse de Brel, Evesché de Sées».
C'est le 20 novembre 1663, à Sillery, que l'ancêtre
Jean épousa Jacqueline Pain, fille de Marin et d'Olive
Morin, originaire de la paroisse de Thury, évêché de
Bayeux. La commune de Thury-Harcourt n'est située qu'à
25 km au nord de Bréel. Situons tout de suite
cette dernière commune par rapport à celles de Caen et
de Falaise, que connaissent bien les Québécois qui ont
visité les champs de bataille de la Normandie. Depuis
Caen, la N 158 conduit à Falaise en 34 km. De là, la D
511 mène à Fourneaux-le-Val (7 km), où elle passe du
département du Calvados à celui de l'Orne pour devenir
la D 21. Celle-ci franchit aussitôt la rivière Orne
pour atteindre La Forêt-Auvray (10,50 km). Ici débute
la D 229 qui débouche sur Bréel (4 km), sur les bords
de la Rouvre.
Le couple Larue/Pain eut six enfants, le premier baptisé
à Québec et les autres à Sillery. Seul le premier des
trois fils, Jean-Baptiste, assurera la pérennité du
patronyme. Pierre, le deuxième, semble être décédé
célibataire. Le suivant, François-Xavier, épousa
Geneviève Normand, veuve de François Trefflé, en 1704,
mais n'eut pas de postérité; pourtant, Geneviève avait
donné six enfants à son premier mari. Les soeurs Larue
fondèrent des foyers: Marie-Geneviève en 1684 avec
Henri Chatel (5 enfants), Catherine en 1691 avec Antoine
Samson (8 enfants) et Marie-Madeleine en 1694 avec
François Levasseur (sans postérité), puis, en 1712,
avec Michel Moreau (3 enfants).
Lors du recensement de 1666, on trouve le pionnier
établi à Sillery. Prénommé Jean-Baptiste, on le
qualifie d'habitant, ainsi que l'on désigne les colons
installés sur un bien. Il est âgé de 30 ans et double
ainsi l'âge de sa femme. Le fils aîné, Jean-Baptiste,
n'a pas encore deux ans. L'année suivante, la petite
famille s'est accrue de deux enfants, Marie-Geneviève et
Pierre; elle cultive 12 arpents et possède trois bêtes
à cornes. Un domestique, Antoine Devaux, la seconde.
Hélas, le
pionnier n'avait pas atteint la quarantaine quand il
décéda. Sa veuve devait épouser Pierre Masse en 1676,
un autre colon de la côte Saint-Ignace, à Sillery, et
lui donner sept enfants. Jean-Baptiste, le fils
aîné, devait, avons-nous dit, assurer la continuité du
patronyme.
D'un premier mariage (1692) avec Marie-Anne Brassard,
fille de Guillaume et de Catherine Louvet ne devait
naître qu'une fille, Marie-Jeanne: la mère décéda une
quinzaine de jours plus tard. Le 10 janvier 1695, il
contractait une autre union, ave Catherine Garnier, fille
de Jean et de Madeleine LeGuay, à Neuville. C'est là
que naquirent les 13 enfants issus de ce mariage.
Le couple
Larue/Garnier compte au nombre des pionniers de Neuville,
et ce sont toujours des Larue qui y occupent la terre
ancestrale depuis trois siècles! On peut y admirer une
magnifique maison de pierre, au numéro 306 de la rue des
Erables. Tout auprès, une inscription dévoilée le 24
septembre 1989 rappelle la mémoire de Jean de Larue et
de Jacqueline Pain, qui avaient acquis ce lot en 1673.
L'association
des Larue d'Amérique ne se contenta pas de ce geste.
L'automne précédent, elle avait dévoilé une autre
plaque à Bréel même, et le président Léonard LaRue y
plantait un arbre dans un emplacement d'un mètre carré
qui lui avait été cédé pour un franc symbolique par
un autre membre de la grande famille. Mme Marie Delarue!
Vers le même moment, la Commission de toponymie du
Québec avait donné le nom de LaRue à une anse à
laquelle aboutit la terre ancestrale, et le certificat en
fut remis à l'Association lors de la visite des familles
LaRue de France, le 24 septembre 1989. Un ancêtre
vraiment choyé par ses descendants!
Nous ne saurions clore cette chronique sans évoquer la
mémoire de Guillaume de Larue, fils de Guillaume et de
Marie Pouliot, l'autre ancêtre venu de normandie.
C'était un charpentier originaire de Rouen et il épousa
aux Trois-Rivières, en 1663, Marie Pépin, fille de
Guillaume et de Jeanne Méchin. Il devait être notaire
de la seigneurie de Champlain de 1664 à 1689 et juge
seigneurial de 1680 à 1684. Le couple Larue/Pépin
eut sept enfants, dont quatre fils, mais tout comme dans
le cas des Larue/Pain, un seul d'entre eux eut une
descendance mâle, Etienne, qui, à Batiscan, le 4
février 1697, épousa Madeleine Juin, fille de Pierre et
de Marie-Jeanne Beaujean. Les neuf enfants issus de cette
union naquirent tous à La Pérade. Jacques, l'aîné des
fils, y épousa, en 1697, Madeleine Couillard, fille de
François et d'Esther Dannesé, qui ne lui donna qu'une
fille.
Joseph s'engagea pour aller faire la traite dans l'Ouest
et ne semble pas avoir fondé de foyer. Le quatrième des
fils, Jean-Baptiste, épousa Geneviève Levert, fille de
Jean et de Françoise Latier et veuve de François
Lamothe, en 1722, mais il n'en résulta aucune
postérité. Deux des filles du couple Larue/Pépin
fondèrent des foyers, Jeanne en 1684 avec Antoine
Guibord, originaire de Clermont-Ferrand, en Auvergne, et
Marie-Anne en 1716 avec Georges Niof dit Lafrance, un
maçon venu du Puy-en-Velay, en Languedoc. Les deux
couples eurent chacun cinq enfants. La troisième, Marie,
entra dans la Congrégation de Notre-Dame.
Hommage à Jean DELARUE
Bréelois,
fils de Michel et Magdeleine GILLAIN
au CANADA
vers 1658 Ancêtre de milliers de Nord-Américains
4 septembre
1988 Ass.
des LARUE d'Amérique Les Larue d'Amérique ont
érigé cette inscription à Bréel, en hommage à
l'ancêtre.
Extrait de:
Portraits de familles pionnières, de Robert Prévost.
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