| |
LES
LAMARRE COMPTENT DEUX ANCETRES
ARRIVÉS AU XVIIe SIECLE
Le premier de ce nom qui
fonda un foyer en Nouvelle-France était Normand, mais on
n'a pu établir d'où venait le second. Louis Lamarre dit
Gasion était de Pîtres, arrondissement des Andelys. Les
touristes connaissent bien le vaste panorama qui s'offre
depuis les imposantes ruines du château Gaillard, une
puissante forteresse construite au XIIe siècle par
Richard 1er Coeur de Lion et dont les murs dominent la
Seine. Pîtres est sur la rive droite du fleuve, entre
les N 14 et 15, au sud de Rouen.
En 1659, à Québec, Louis épousait Jeanne Garnier,
fille de Sébastien et de Marie Roux, de l'île
d'Oléron, et veuve de René Maheu. Il décéda
prématurément, laissant deux fils. En 1684, Pierre
conduisit à l'autel Marie Paulet, fille d'Antoine et de
Suzanne Miville. Deux ans plus tard, Louis unissait sa
destinée à celle d'Anne Quentin, fille de Nicolas et de
Madeleine Roulois. Le couple Lamrarre/Paulet eut quatre
enfants dont deux fils, Joseph, marié en 1715 à Marie
Vérieu, et Pierre, qui prit Marie-Barbe Fournier pour
épouse en 1720. Quant au couple Lamarre/Quentin, il
semble n'avoir eu qu'un fils, Jean-Philippe, qui
contracta deux unions, la première en 1712 avec Jeanne
Saint-Aubin, fille d'Adrien et de Jeanne-Marguerite
Beloy, et la seconde avec Marie-Françoise Jolivet, fille
d'Aimé et d'Anne Fiset. De ces deux unions naquirent une
quinzaine d'enfants dont dix fils, et six d'entre eux se
marièrent à leur tour.
Selon les dictionnaires généalogiques, le deuxième
Normand qui enracina le patronyme Lamarre en
Nouvelle-France, André, était aussi originaire de la
région rouennaise, plus exactement de Bihorel, qui est
de nos jours une ville-dortoir de quelque dix mille
habitants, située dans le canton de Bois-Guillaume
(Seine-Maritime), à une dizaine de kilomètres au
nord-est de Rouen, entre les amorces des N 28 et 31.
Mais, dans
les Mémoires de la Société généalogique
canadienne-française (vol.XXXI,p.166), Philippe Constant
(pseudonyme du chercheur Jean-Jacques Lefebvre) le dit
originaire de Bahalon, en ajoutant un point
d'interrogation entre parenthèses. Il paraît qu'au
XVIIe siècle, il existait un bourg de ce nom en
Champagne, mais ce toponyme n'apparaît pas dans le
dictionnaire des communes de France.
Le problème, c'est que l'acte de mariage de cet ancêtre
demeure introuvable; on ne peut pour l'instant que se
baser sur le déchiffrement du contrat de mariage passé
le 8 juin 1700 par-devant le notaire Pierre Raimbault,
qui fut une figure importante de l'histoire de Montréal,
où il occupa plusieurs postes, dont celui de
subdélégué de l'intendant. Le président de la
Société d'histoire de Longueuil, M. Édouard Doucet, ne
désespère pas de pouvoir un jour trouver un document
inédit qui permette de solutionner l'énigme.
Que cette
Société s'intéresse au problème ne surprendra
personne: elle a son siège social dans une demeure
ancestrale qui évoque la lignée de ce pionnier, la
maison André-Lamarre, sise au 255 de la rue
Saint-Charles, à l'est du chemin de Chambly, à
Longueuil. Elle y maintient un centre de recherches.
Cette maison patrimoniale, qui appartient à la ville, a
été classée monument historique en 1976.
C'est en qualité de soldat que l'ancêtre André (de)
Lamarre dit Saint-André franchit l'Atlantique. Il
portait l'uniforme de la compagnie de Longueuil. C'est
donc en 1700 qu'il choisit pour compagne Marie-Angélique
Chapacou, fille de Simon et de Marie Pacaud et veuve
d'André Bouteiller, meunier de Longueuil. Elle avait
déjà été mère de huit enfants et elle devait en
présenter neuf à son second époux. Le père, Simon,
avait été inhumé dans l'église de Longueuil en 1690.
Étaient
présents lors de la signature du contrat de mariage le
seigneur Charles Le Moyne de Longueuil, qui allait
devenir le premier Canadien de naissance à être fait
baron, son épouse, Claude-Élisabeth Souart, nièce du
sulpicien Gabriel Souart, premier curé de Ville-Marie,
et leur fille, Élisabeth.
André Lamarre passa toute son existence à Longueuil, et
elle fut longue car, lors de son décès, en 1756,
l'officiant qui présida à sa sépulture lui attribuait
96 ans. Il participa activement à la vie communautaire.
En 1722, les Longueuillois songent à la construction
d'une nouvelle église. L'année suivante, André figure
au nombre des paroissiens qui prennent la décision: elle
sera de pierre, comportera deux chapelles et mesurera 80
pieds sur 40. C'est le maître maçon Guillaume Alexandre
qui l'érigera. En 1727, André louera pour 28 livres le
septième banc de la première rangée du milieu, côté
de la chaire.
Neuf enfants naquirent au couple Lamarre/Chapacou, dont
quatre fils. L'un d'eux décéda au berceau. Les
dictionnaires généalogiques ne nous disent pas ce qu'il
advint de Joseph et de Louis, nés respectivement en 1704
et 1710. Ils nous renseignent cependant sur André qui,
en 1731, épousa Marie Lanctot, fille de François,
capitaine de milice, et de Claire Laplante. De cette
union naquirent six enfants dont trois fils. Séraphin,
lui aussi capitaine de milice, unit sa destinée, en
1763, à Louise Rouillé, fille de Joseph et de
Marie-Josèphe Adam et veuve de Toussaint Benoît; leur
fils, François-Séraphin, acquit une certaine
notoriété dans les démêlés des compagnies de
fourrure du nord-ouest et de la Baie d'Hudson: il avait
encadré des Métis qui s'étaient chargés de disperser
des colons établis par lord Selkirk. Les deux frères de
Séraphin ont mené une existence plus calme. En 1761,
Joseph avait conduit à l'autel Marie Campeau, fille
d'Étienne et de Marie-Louise Boire. André choisit pour
compagne, en 1758, Marguerite Vincent, fille de François
et de Marguerite Tessier, et fut père de trois fils et
de deux filles qui se marièrent à leur tour.
Les Lamarre ont largement contribué à l'essor de
Longueuil. Selon le généalogiste Marcel Fournier, ils
ont oeuvré en divers domaines entre 1850 et 1915:
professions libérales, comptabilité, ferblanterie,
cordonnerie, peinture et commerce (foin et épicerie).
Pierre-Basile
Lamarre, zouave pontifical en Italie (1868), fut maire de
la paroisse de Longueuil en 1883 et occupa ce poste
pendant plusieurs années. En 1690, à Québec,
le maître chirurgien Henri Bélisle dit Lamarre fonda
une famille avec Catherine de Mosny, fille de Jean et de
Catherine Fol; il contracta une seconde union, mais il
semble que ses descendants n'ont pas pris son surnom pour
patronyme.
Extrait de:
Portraits de familles pionnières de Robert Prévost
|
|