- LES
GOULET SONT D'AUTHENTIQUE
- MOUTURE
PERCHERONNE
- Nos Goulet, comme tant
de familles québécoises, sont de mouture
percheronne, et ce terme ne saurait mieux leur
convenir, car Jacques, leur premier ancêtre venu
du vieux pays, et son père, Thomas, étaient
meuniers.
- Thomas
Goulet avait épousé Antoinette Feillard à
Normandel en 1613. Le 17 avril 1615, ils
présentaient leur premier enfant au baptême,
Jacques. Au cours des mois suivants, le couple se
fixa sans doute au bourg voisin de La Poterie,
car c'est là que naquirent leurs deuxième et
troisième enfants, Louise (1619) et Yvonne
(1622). Devenu veuf, le meunier contracta un
second mariage avec Marie Chalumel et devint
père d'une seconde Louise, baptisée en 1628. On
devine que tous les paysans de la région
connaissaient Thomas Goulet, car en plus
d'exercer le métier de meunier, il était
collecteur de la taille, ce qui n'était
peut-être pas de...taille à le rendre
automatiquement sympathique!
- A l'âge
de 30 ans, le fils, Jacques, fonde un foyer: il
épouse, à La Poterie, Marguerite Maillier (ou
Mulier). Nous sommes en 1645, et c'est
probablement en vue d'un départ pour la
lointaine Nouvelle-France que le mariage a lieu,
car c'est l'année suivante, semble-t-il, que le
couple s'embarqua.
- Jacques
figure sans doute au nombre des laboureurs et des
artisans que recruta Noël Juchereau, sieur des
Châtelets. Le couple eut 12 enfants, dont cinq
moururent en bas âge ou sans contracter mariage.
Les sept autres étaient tous des fils! On a une
bonne idée de leur progéniture en tenant compte
des données incomplètes des dictionnaires
généalogiques; nous notons entre parenthèses
l'année du mariage:
- 1-
René/Catherine Leroux (1670) - 5 enfants, des
filles.
- 2-
Nicolas/Sainte Cloutier (1672) - 7 enfants dont 4
fils; 2 de ceux-ci fondèrent des foyers:
Jean avec Marguerite Blouard, 7 enfants;
Louis avec Marie-Anne Quentin, 8 enfants.
- 3- Louis/Marie
Godin (1682) - 1 fils, Louis, qui épousa
Thérèse Roussin; sans postérité.
- 4-
Charles/Marie-Anne Rancin (1686) - 14 enfants,
dont 4 décédés en bas âge, 3 filles et
7 fils, dont au moins 3 se marièrent;
Joseph avec Marie-Madeleine Chevalier, 5 enfants;
Louis avec Françoise-Charlotte Langlois, 6
enfants; et Augustin avec Marguerite
Bertrand, postérité inconnue.
- 5-
Thomas/Marie-Marguerite-Louise Pancatelin (1683)
- 10 enfants, dont 3 fils; 2 fondèrent des
foyers; René avec Catherine Rivière, 6
enfants; Ignace avec Marie-Barbe Ducongé, 6
enfants également.
- 6-
Antoine/Marie-Madeleine Guyon (1692) - 11 enfants
dont 3 fils; 2 se marièrent: Joseph à
Geneviève Raté, 6 enfants; Jacques, à
Marie-Anne Letartre, puis à Marie-Josèphe
Lenormand, 8 enfants.
- 7- Joseph/Anne
Julien (1692) - 9 enfants dont 5 fils; 3 se
marièrent: François avec Marie-Madeleine
Bédard, 12 enfants; Louis avec
Marie-Josèphe Huot, 6 enfants; Antoine avec
Marie- Angélique Laberge, 7 enfants.
- Même si,
encore une fois, ce relevé ne saurait être
exhaustif - les Goulet friands de généalogie
ont sans doute complété les ouvrages parus à
ce jour -, il démontre que l'ancêtre Jacques
Goulet eut plus d'une vingtaine de petits-fils,
dont plusieurs devaient contribuer
généreusement à répandre le patronyme.
- Dans l'église
de La Poterie-au-Perche, une inscription a été
érigée à la mémoire de Jacques Goulet et de
sa demi-soeur, Louise, même si le premier est
né à Normandel, car c'est de La Poterie qu'ils
partirent pour la Nouvelle-France.
- A l'ouest
de Versailles, on aborde la N 12, qui conduit à
Dreux, puis à Verneuil-sur-Avre. De là, il ne
reste que 24 km pour atteindre le carrefour
Sainte-Anne; à 3,50 km en deçà de celui-ci se
présente, sur la droite, la D 378 qui touche
tout de suite à La Poterie-au-Perche. C'est une
minuscule commune de quelque 150 habitants;
d'agréables statues ornent son église. dont une
belle Vierge à l'Enfant, du XVIe siècle, en
pierre polychrome, devant laquelle se sont
sûrement recueillis Jacques et Louise Goulet.
Une inscription y rappelle leur souvenir.
- Depuis La
Poterie, une toute petite route conduit à
Normandel (environ 3 km), que l'on peut aussi
atteindre à partir de St-Maurice-lès-Charencey,
sur la N 12, par la D 278. L'église
néo-gothique, se distingue par une statuaire
remarquable du XVIe siècle. Ses chapelles
possèdent des bas-reliefs calcaires de style
Renaissance.
- Jacques
Goulet fut un pionnier de la côte de Beaupré.
Lors du recensement de 1666, il y habite avec sa
femme et le couple, qui a déjà sept enfants, a
un domestique, François Labattier. Quand le
recenseur repasse, l'année suivante, le petit
Antoine est né. La famille a 15 arpents de terre
en valeur et possède cinq bêtes à cornes.
- En 1681,
l'ancêtre exploite toujours sa terre; il met
maintenant 30 arpents en valeur, possède encore
cinq bêtes à cornes, mais un cheval s'est
ajouté dans l'étable. Deux de ses fils se sont
établis sur leurs propres concessions: Nicolas
et Sainte Cloutier élèvent déjà trois
enfants, cultivent 60 arpents avec l'aide d'un
domestique et ont un troupeau de 15 têtes. Quant
à René, il semble que sa femme n'habite plus
avec lui; il se déclare charron et vit avec
leurs deux fillettes, Marguerite et Catherine; il
cultive huit arpents. Le couple aura trois autres
filles.
- Les
Goulet ont figuré au nombre des pionniers de
L'Ange-Gardien, mais, vous demanderez-vous,
qu'est devenue la demi-soeur de Jacques, Louise?
Elle a le même titre à la reconnaissance des
généalogistes. Vers 1654, à La Poterie, elle
avait épousé un jeune homme du bourg, René
Letartre. Le couple eut quatre enfants, puis vint
rejoindre Jacques au Canada. Il avait fallu une
vingtaine d'années à Louise pour suivre
l'exemple de son demi-frère. Même aux âmes
bien nées, la valeur attend parfois le nombre
des années!
- Un
petit-fils de ce couple, René Letartre, épousa
Anne Garneau, à L'Ange-Gardien, en 1706. De
cette union naquirent six enfants, dont
Jean-Baptiste qui, en 1743, à Lanoraie, fonda
une famille avec Marie-Jeanne Perrault. Ce sont
les ancêtres, en ligne directe, d'Israël Tarte,
qui fut un important personnage politique et
fonda La Patrie, qui fut longtemps l'un des
journaux les plus influents du Québec.
- Extrait de:
Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost
- JACQUES GOULET
- Les gens
de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, appellent
goulet l'entrée étroite d'un petit port ou
d'une rade. Les ascendants de l'ancêtre Jacques
Goulet avaient vécu loin des horizons maritimes.
Ils étaient percherons.
- Ancien
pays de France, le Perche comprend une région
naturelle, homogène, coincée entre la
Normandie, le Maine et la Beauce. Ses villes
principales sont Nogent-le-Rotrou avec son
château et Mortagne. Plusieurs fois morcelé au
cours de son histoire, le Perche en vint à
perdre son titre de province. Réuni au Maine, il
formait l'un des trente-trois gouvernements de la
France, auquel on donnait parfois le nom de
Maine-et-Perche avec Mortagne comme capitale.
Même au point de vue ecclésiastique, il fut
démembré au profit des diocèses de Chartres,
du Mans et de Seez.
- Jacques
Goulet reçut le baptême le 17 avril 1615, à
Normandel, aujourd'hui dans le département de
l'Orne, arrondissement de Mortagne-au-Perche,
commune de Tourouvre. Le curé Laurent du Fay fut
à la fois le ministre de son baptême et son
parrain. Tante Marguerite Feillard l'accompagnait
comme marraine.
- Fils de
meunier
- Thomas,
père de l'ancêtre Jacques Goulet, se fiança à
Antoinette Feillard le 28 avril 1613, en
l'église de Normandel et s'unit à sa
bien-aimée le 3 août de la même année.
Antoinette, fille de David Feillard et de
Mathurine Navarre, suivit son mari à la
Gaufferrerie, autre secteur de Normandel. Thomas
exerce le métier de Meunier. Pour faire plaisir
à son épouse, bonne couturière, il lui achète
pour dix livres dix sols de drap blanc et de drap
de bure. Le 6 avril 1615, il obtient un cheval à
poil gris pour la somme de 25 livres, de Robert
Giguère, un parent de l'ancêtre canadien du
même nom.
- L'aîné
Jacques Goulet connut la joie de recevoir deux
petites soeurs: Louise, le 17 janvier 1619, et
Yvonne, le 25 mai 1622. Jacques devint orphelin
assez jeune. Antoinette Feillard décéda entre
1622 et 1627, c'est tout ce que nous pouvons
affirmer de plus précis. Thomas Goulet se
remaria avec Marie Chalumel. A la Ste-Anne 1628,
le nouveau couple présenta aux enfants du
premier lit une demi-soeur Louise; puis en 1632,
Marie; en 1638, Marguerite.
- Dix-sept
ans après la première mention de Thomas Goulet
comme meunier, un acte devant le notaire Lullier
dressé à Randonnay en 1634 affirme qu'il l'est
toujours, cette fois à la paroisse de Lhôme,
où Noël Juchereau des Chatelets possède une
ferme. Notez bien ce détail. En 1648, Thomas
pratique toujours le même métier. Lorsque Marie
Chalumel fut inhumée le 29 septembre 1652 et,
quelque temps après, Thomas Goulet, il y avait
plusieurs années que Jacques Goulet était au
Canada.
- Pour
Noël Juchereau
- Jacques
Goulet épousa une citoyenne de son patelin
Marguerite Mullier, fille de Jean et de Catherine
Chauvin, le 21 novembre 1645, à St-Pierre de La
Poterie. Au printemps suivant, Jacques, 31 ans,
et sa jeune épouse laissèrent les amis, la
parenté, le pays, pour répondre à l'invitation
de Noël Juchereau, promu à cette époque-là
«commis général pour tous les achapts» faits
par le roi au nom de la Nouvelle-France. Jacques
Goulet était déjà l'engagé de Noël Juchereau
comme meunier de sa ferme Les Chatelets, à
Lhôme, depuis 1645.
- Le 28
octobre 1646, à Québec, naissait Geneviève
Goulet. Charles Giffard et Geneviève Juchereau
de Maure la tinrent sur les fonts baptismaux
devant Barthélemy Vimont, S.J. Hélas! ce
premier espoir de vie nouvelle devint un premier
deuil Goulet au Nouveau Monde. Geneviève fut
inhumée le 14 décembre suivant.
- Jacques
continue de travailler pour Juchereau. Noël
retourne en France pour exposer les problèmes de
la colonie. Il décède en 1648. Le 7 octobre
1649, le notaire Audouart dresse l'inventaire de
ses biens laissés à Québec. C'est ici
qu'apparaît Jacques Goulet: «Il est dû six
vingt livres à Jacques Goulet». Son maître
étant absent pour toujours. Jacques devait
trouver son pain ailleurs.
-
- Seigneurie
Saint-Michel
- Surprise!
«Le 16 juillet 1649, Mathurin Goyer reconnaît
une dette de 52 livres, 10 sols, pour un fusil et
un marteau qu'il a reçu de Goulet, en présence
de Vincent Verreault et de Louis Goulet». Même
Marcel Trudel n'a pu identifier ces deux
personnages. Louis Goulet, un parent de Jacques?
- Le 4
décembre 1651, Jacques obtient un emplacement
d'un demi-arpent, dans l'anse Saint-Michel, tout
près de Sillery, vis-à-vis la terre qu'on lui a
concédée sur la falaise. Cet emplacement et la
terre Goulet d'un arpent et demi de front avec
une profondeur allant jusqu'à la Grande Allée,
obtenus de Charles Legardeur de Tilly, devinrent
la propriété de Simon Legendre, le 26 décembre
1655, pour la somme de deux cents livres.
- Où donc
les Goulet passeront-ils l'hiver? Sans doute,
près de Sillery? Il est difficile de les suivre
à la trace.
- Château-Richer
- Jacques
Goulet possédait une belle terre à
Château-Richer, sise entre celles de Jean Gagnon
et de Robert Drouin. Le 30 novembre 1656, il
revend ses six arpents de front aux associés
Jacques Dodier et Pierre Pointel. Dès le 4 mars
1657, Dodier remet le tout à Goulet qui le
refile à Lauzon de la Citière, moyennant la
jolie somme de 850 livres, une fortune à
l'époque. De plus, Pointel, l'instable, s'engage
à abattre pour le compte de Jacques Goulet et à
débiter deux arpents de bois de huit à dix
pieds en longueur, sans parler d'un autre mois de
travail, soit du 20 avril au 20 mai, en retour
d'un salaire de vingt livres. La famille Goulet
demeura peut-être à cet endroit jusqu'au 2
avril 1658, jour où Nicolas Quentin se porta
acquéreur de ce domaine.
- Jacques
Goulet acquit plus tard une autre terre à
Château-Richer, celle d'Aubin Lambert dit
Champagne, le premier septembre 1669. C'était un
échange avec la terre qu'il possédait par
héritage «en la coste du Cap Rouge», dans la
seigneurie de Maure. Ce dernier contrat servait
à clarifier une situation de fait, puisque le 29
avril 1668 cette seconde terre de Château-Richer
avait déjà été vendue à Charles Lefrançois
pour la somme de 350 livres, devant le témoin
François Gariépy.
-
- Ange-Gardien
- Olivier
Le Tardif vivait à L'Ange-Gardien comme seigneur
et juge de la Côte de Beaupré. Le 30 mai 1658,
il donne aux Goulet la terre de son fils Pierre,
décédé prématurément. Cette ferme possédait
trois arpents de front sur le fleuve St-Laurent,
proche du ruisseau des Orignaux. Goulet paiera
trois livres annuelles de rente, trois sols de
cens, en plus du beau chapon vivant. Les voisins
sont René Maheu dit Point-du-Jour et le seigneur
Olivier Le Tardif. C'est de cet endroit que
désormais toute l'activité de Jacques Goulet et
de son épouse se déploiera pendant plus d'un
quart de siècle.
- En 1666,
François Labattier travaille pour Jacques comme
domestique engagé. Le recensement de 1667
attribue à Goulet cinq bêtes à cornes et
quinze arpents en culture. Ses voisins se nomment
Robert Laberge et Pierre Gendreau dit La
Poussière. En 1681, Jacques a doublé sa
superficie de terre en culture. Ses enfants ont
grandi et il a vieilli. Il possède un fusil et
un cheval, en plus de ses cinq animaux
domestiques. En ce temps-là, il n'y avait que
quatre-vingt-seize chevaux dans toute la colonie.
René Letarte, époux de la soeur de Jacques
Goulet, Louise, possédait une jument.
- Samedi 18
octobre 1664, la messe était célébrée dans la
maison de Jean Trudel, à L'Ange-Gardien, au
Caput, suivie de l'élection de trois
marguilliers. Jacques Goulet fut élu premier
marguillier.
- Jacques
Goulet, en 1671, devait à Bertrand Chesnay la
somme de 687 livres environ. Deux vaches de
Bertrand étaient à loyer chez Jacques. L'année
suivante, Chesnay fit effectuer une saisie des
biens de Jacques Goulet, laissés à la garde de
Pierre Gendreau. Le sieur de Lotinville
réclamait encore, le 2 mars 1674, le paiement de
687 livres, 18 sols, 1 denier, ou les intérêts.
Le 4 avril 1680, Jacques hypothèque sa ferme et
promet payer une rente annuelle de 30 livres sur
une somme encore due de 600 livres. Selon
l'historien Raymond Gariépy, Jacques passait, le
24 mars 1681, une obligation en faveur de Jean
Mathieu, pour 559 livres, 16 sols. Et le 11
novembre de la même année, il en passait une
autre à Charles de Couagne, marchand de
Montréal, pour 125 livres restant de plus grande
somme.
- Le livre
des comptes du Séminaire de Québec révèle que
Jacques Goulet fut meunier des moulins de la
seigneurie de Beaupré, le moulin à vent du
village de Château-Richer et le moulin à eau du
Sault à la Puce, de 1673 à 1676, et pour celui
de Petit Pré jusqu'en 1682, au moins.
- Telle est
l'image qui nous reste de Jacques Goulet, un
colon entreprenant, déluré, honnête, mais qui
n'a pas peur du crédit.
-
- Douze
frangins et frangines
- La
famille Goulet se compose de dix garçons et deux
filles: Geneviève, Nicolas, Jacques, René,
Louis, Charles, Jacques, Thomas, François,
Antoine, Joseph et Marguerite. Hélas!
Marguerite, la cadette née le 27 juin 1675,
suivit l'exemple de l'aînée Geneviève. Elle
décéda au berceau, semble-t-il. L'espérance de
vie des deux Jacques se prolongea pour le premier
pendant deux ans: pour le second, une dizaine
d'années, peut-être. Les archives sont muettes.
Quant à François, filleul de François
Bélanger le 15 janvier 1664 à Château-Richer,
nous perdons sa trace après 1719. Il serait
resté célibataire.
- Le
premier enfant de la seconde génération à
suivre et à faire souche fut Nicolas Goulet,
filleul de Nicolas Juchereau le 15 décembre 1647
à Québec, l'époux de Sainte Cloutier le 24
décembre 1672 à Château-Richer, le père de
sept enfants dont quatre embrasseront l'état du
mariage. Nicolas décéda à Saint-Pierre, île
d'Orléans, le 24 août 1721. Il posséda la
première maison de pierre de l'île.(La maison
Goulet est réputée comme étant la seule maison
de St-Pierre à avoir été construite en pierre
sous le régime français.
- René,
fils, baptisé à Sillery le 27 octobre 1650,
deuxième des garçons, fut le premier à se
marier en Nouvelle-France. Il prit comme épouse
Catherine Leroux, fille de défunt Henri et
d'Isabelle Charton, le 29 octobre 1671, à
Château-Richer. Cette fille du roi avait d'abord
passé un contrat de mariage avec le frère de
son futur, Nicolas Goulet, le 3 septembre 1670.
Elle apportait des biens d'une valeur de huit
cents livres. Leur union fut récompensée par
l'arrivée de cinq petites filles. Catherine,
après plusieurs bouffées d'ennui, se permit un
voyage en France vers 1680. Son mari emprunta
huit cents livres de René Mathieu le 15 avril
1681, «avant son depart pour la France». René
Goulet réussit à convaincre son épouse de
revenir au Canada, la même année. Leur premier
enfant naquit à Lachenaie, en 1691.
- L'ancêtre
Louis Houde fut parrain de Louis, le 28 août
1653, à Sillery. Louis Goulet prit comme
compagne Marie Godin, fille de Charles et de
Marie Boucher. Cet amour fut éphémère. Un
enfant posthume, futur époux de Thérèse
Rousseau, Louis, naquit le 26 août 1683. La
veuve convola avec Pierre Denis dit Lapierre, le
8 octobre 1687, et devint mère de neuf nouveaux
rejetons. Thomas, baptisé à Château-Richer le
2 avril 1661, porta le prénom de son grand-père
paternel. Son épouse, 25 octobre 1683,
M.-Marguerite-Louise Pancatelin, fille de défunt
Marcel et de Marie Marcadet, vint au pays comme
fille à marier, semble-t-il. Elle donna sept
filles et trois garçons à son mari. Le couple
quitta la Côte de Beaupré. Leur dernier-né
reçut le baptême, à l'île Jésus.
- La
famille la plus considérable appartient à
Charles, compagnon de vie de M.-Anne Rancin,
fille de Charles et de Marie Conflans, le 12
novembre 1686. Elle eut quatorze invités au
banquet de la vie. Trois de leurs garçons
s'engagèrent pour l'Ouest en juin 1728. Charles
Goulet fut inhumé, à Repentigny, le 10 novembre
1717. Le filleul d'Antoine Gaboury, Antoine
devint le 19 février 1692 l'époux de
M.-Madeleine Guyon, fille de Joseph et de
Geneviève Cloutier. Ils élevèrent leurs onze
enfants à L'Ange-Gardien. La même année, 20
juillet 1692, le plus jeune des garçons, Joseph
obtint la main d'Anne Julien dont les parents
étaient Jean Julien et Madeleine Guérin. Leurs
neuf rejetons grandirent à L'Ange-Gardien.
Durant sa jeunesse, soit le 31 juillet 1688,
Joseph s'était engagé comme coureur des bois
vers l'Ouest.
- Tel est
en bref le bilan de vie très positif de la
seconde génération Goulet au Canada.
- Dernier
inventaire
- Le 26
novembre 1688, l'ancêtre Goulet tomba à la
renverse comme un chêne bousculé par le vent de
la vie. On le coucha dans le cimetière de
L'Ange-Gardien, deux jours plus tard, devant son
beau-frère René Letartre et Mathurin Huot.
Marguerite Mulier lui survécut l'espace de
quatre ans environ. Elle manifesta encore sa
présence aux noces de Joseph, le 20 juillet
1692. A la fin de janvier 1694, c'est
l'inventaire des biens Goulet évalués
pêle-mêle: 1 charrue, plus de 700 gerbes de
blé, 1 cavale et son poulain, 2 boeufs, 3
vaches, 2 taureaux, 3 veaux, 3 porcs, 3
gorets, 9 poulets, 1 coq, 1 maison de pierre, 1
grange, 1 étable, 33 arpents de défrichés,
etc. Les biens matériels laissés par les
parents aux descendants ne sont rien à côté
des principes de vie transmis aux générations
montantes. Les Goulet possédaient l'esprit de
travail, le goût du risque calculé, le respect
de la vérité et de la justice.
- Les fils
de Thomas Goulet furent les premiers à obtenir
des concessions sur le territoire de
L'Assomption, vers 1718.
- Quatre
patriotes ont marqué l'histoire de L'Ouest
canadien. L'Honorable Roger Goulet, né en 1834,
filleul et protégé de Mgr Provencher, métis
français, fut arpenteur, juge de district et
membre du Conseil de l'Assiniboia. L'Honorable
Maxime Goulet, le 18 décembre 1878, devint
député de St-Vital à la législature du
Manitoba, puis ministre de l'agriculture. De 1869
à 1870, le Lieutenant-Général du Gouvernement
Provisoire de la Rivière-Rouge se nommait
Georges Goulet. Le plus célèbre des Goulet de
la Rivière-Rouge fut Elzéar Goulet. Il fit
partie du conseil de guerre qui condamna Thomas
Scott, en 1870. Homme parfaitement honorable, il
fut quand même poursuivi par l'armée
d'occupation. «Ayant dû se mettre à l'eau pour
sauver sa vie, il fut atteint d'une pierre
pendant qu'il se dirigeait à la nage du côté
de St-Boniface et, étourdi par le coup, il se
noya», le 13 septembre 1870. Elzéar était le
frère de l'Honorable Roger et fils d'Alexis
Goulet et de Josephte Siveright. Tous ces Goulet
descendaient des voyageurs canadiens venus dans
l'Ouest au temps de La Vérendrye.
- En 1646,
Jacques Goulet apportait une flûte dans ses
bagages. Cet instrument de musique a été
conservé pieusement dans la famille, jusqu'à
nos jours. Il a appartenu à Alexis Goulet et à
Maxime Goulet ci-haut mentionnés. En 1934, M.
Robert Goulet, de Winnipeg, artiste et
compositeur de la «Gigue de la Rivière-Rouge»,
la conservait jalousement. Avant la première
guerre mondiale, la flûte devint muette.
Quelqu'un pensa de l'hydrater en la passant à la
vapeur. Le miracle se produisit: elle résonna de
nouveau. Ainsi en est-il de notre histoire. Pour
en recevoir les leçons, il faut l'étudier avec
amour.
- Notes: L'abbé
Goulet, de Southbridge, Mass., est le
spécialiste de la généalogie Goulet. Il
prépare un répertoire des mariages de tous les
Goulet. Il affirme qu'il y eut un second ancêtre
Goulet du nom de Mathurin. Mathurin Goulet,
originaire du diocèse de Luçon, fils de Maurice
et de Jeanne Goulet (c. de La Fosse), se marie à
Geneviève Enaud dite Canada, fille de Pierre et
de Marie Ratel, le 5 mai 1734, à Lanoraie; en
secondes noces, à Geneviève Jourdain dite
Lafrance, fille de François et de Geneviève
Benoit, le 29 octobre 1742, à Lanoraie.
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