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LES
GINGRAS,
UNE FAMILLE D'ORIGINE POITEVINE
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- Déjà, au XVIIe
siècle, les vieilles provinces de France
comptaient une population numériquement
importante, à tel point qu'un père de famille
pouvait difficilement établir ses fils. La
lointaine Nouvelle-France leur offrait un
débouché prometteur s'ils renonçaient au
voisinage de leur famille et ne craignaient pas
la perspective d'un dur labeur. Souvent, deux
frères décidaient de franchir l'Atlantique: ils
pouvaient ainsi s'épauler dans un pays neuf.
- Ce fut le
cas de Sébastien et de Charles Gingreau;
celui-ci allait être l'ancêtre des Gingras qui
existent en Amérique du Nord. Leurs père et
mère, Hilaire Gingreau et Françoise Saint-Lo,
étaient de Saint-Michel-le-Cloucq, au Poitou.
C'est aujourd'hui une commune de 1 300 habitants
du département de Vendée.
- On peut
facilement repérer ce lieu sur une carte à
grande échelle. Depuis la réputée station
balnéaire des Sables-d'Olonne, sur la côte
atlantique, la D 949 conduit vers l'est à Luçon
(36 km) puis à Fontenay-le-Comte (29 km). Depuis
cette ville, sous-préfecture de la Vendée, la
petite D 9 atteint Saint-Michel-le-Cloucq en six
kilomètres, direction nord-est.
- Comme le
patronyme a évolué au fil du temps, nous aurons
recours à sa forme moderne pour les fins de
cette évocation.
- C'est
Sébastien qui, le premier, fonda un foyer. Le 17
novembre 1665, il conduisait à l'autel
Marie-Geneviève Guillebourg, fille du sabotier
percheron Charles Guillebourg et de Françoise
Bigot. Le couple avait signé son contrat de
mariage par-devant le notaire Pierre Duquet.
- Sébastien
ne s'est jamais éloigné de la région de
Québec. Lors du recensement de 1666, il figure
au nombre des «habitants et volontaires non
mariés» des côtes Saint-Jean, Saint-François
et Saint-Michel. On peut présumer que le relevé
avait été effectué l'année précédente. Le
recensement de l'année suivante note la
présence du couple parmi les habitants de la
côte Saint-Ignace et du Cap-Rouge: il y cultive
12 arpents et possède trois têtes de bétail.
Sébastien a 28 ans et Marie-Geneviève, 17.
Aucun enfant n'est encore né.
- Quatorze
ans plus tard, Sébastien et Marie-Geneviève
exploitent une terre de la côte
Saint-François-Xavier (Sainte-Foy). Ils mettent
12 arpents en valeur et possèdent quatre bêtes
à cornes.
- On ne
connaît à ce couple que cinq enfants dont deux
fils, Joseph et Sébastien. Le premier fonda un
foyer en 1708 avec Marie-Thérèse Masse, fille
de Pierre et de Jacqueline Pain, et il n'eut
qu'un fils décédé au berceau. Le second ne fut
pas plus heureux: marié en 1720 à Marie-Louise
Ferré, fille de Pierre-Joseph et de
Marie-Françoise Boutin, il ne fut père que de
deux fils, décédés aussi en très bas âge.
- C'est
donc du plus jeune des frères, Charles, que
descendent nos Gingras. Le 5 novembre 1675, il
épousa à Québec Françoise Amiot, fille de
Mathieu et de Marie Miville, après avoir signé
un contrat par-devant le notaire Duquet.
- Mathieu
Amiot, qui était dit Villeneuve, seconda sans
doute le jeune couple dans son établissement.
Déjà propriétaire foncier, il avait reçu en
1665 de Jean Juchereau de Maur un domaine situé
sur la pointe Villeneuve (près de l'actuelle
municipalité de Saint-Augustin-de-Desmaures), et
c'est là, à Rivière-aux-Roches, que Charles et
Françoise se fixèrent. Après six ans de
mariage, ils mettent 12 arpents en valeur et
possèdent quatre têtes de bétail.
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- A venir
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- Depuis
1978, cette inscription à Saint-Michel-le-Cloucq
rappelle la mémoire des frères Gingreau partis
pour la Nouvelle-France dès le XVIIe siècle.
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- Le couple
Gingras/Amiot eut 14 enfants, dont neuf fils.
L'un d'eux, Charles, ne semble pas s'être
marié. En 1694, on note sa présence à
l'Hôtel-Dieu de Québec. Serait-il décédé à
la suite de son hospitalisation? Les huit autres
fondèrent des foyers comme suit: Jean, en 1705,
avec Madeleine Lefebvre, fille de Simon et de
Marie-Charlotte de Poitier et veuve de Pierre
Voyer; Mathieu, en 1708, avec Marie-Hélène
Constantineau, fille de Pierre et de
Marie-Françoise Lefebvre; Philippe, en 1715,
avec Suzanne Monin dite Lafleur, fille de Gilles
et de Marthe Richaume; Pierre, en 1716, avec
Anne-Angélique Hamel, fille de Charles et
d'Angélique Levasseur; Joseph, en 1718, avec
Marie-Anne Tinon, fille de Charles et de
Marie-Anne Bonnodeau; Michel, en 1721, avec
Marie-Françoise Jouineau (Juneau), fille de
Jean-Pierre et de Geneviève Tinon; Mathieu, en
1730, avec Marie-Charlotte Jouineau, la soeur de
Marie-Françoise; enfin, Jean-Baptiste, en 1731,
avec Marie-Marthe Piché (Pichet), fille de
Jean-Baptiste et de Marie-Anne Dolbec.
- A part
Michel, qui décéda après la naissance d'un
premier fils, les autres élevèrent de
nombreuses familles de huit à vingt enfants. Ils
eurent au total plus d'une trentaine de fils dont
la moitié fondèrent à leur tour des foyers.
- Des cinq
filles de la famille, il en est une,
Marie-Madeleine, dont on perd la trace. La
benjamine, Marie-Thérèse, prit le voile à
l'Hôtel-Dieu de Québec sous le nom de soeur de
Sainte-Félicité. L'aînée, Françoise,
décéda avant son dixième anniversaire. En
1721, Marie-Françoise épousa Jean-Baptiste
Jouineau, le frère de Marie-Françoise et de
Marie-Charlotte déjà citées. En 1728,
l'avant-dernière, Marie-Charlotte, unit sa
destinée à celle de François Rocheron
(Rochon).
- Charles
Gingras passa toute sa vie sur sa terre de la
seigneurie de Maur. Il décéda en 1710. Son acte
de sépulture lui donnait 68 ans.
- L'intérêt
des Gingras pour leurs racines ne date pas
d'hier. En 1948, à Mandeville, sur les bords du
lac de ce nom, comté de Berthier, on fêtait un
centenaire, M. Hercule Gingras. Ainsi naquit dans
l'esprit d'un généalogiste, M. Raymond Gingras,
l'idée de jeter éventuellement les bases d'une
association familiale qui regrouperait le plus
possible de Gingras du Québec et de la diaspora.
- Le 19
juin 1950, de nombreux Gingras se retrouvèrent
dans la paroisse de Saint-Augustin pour inaugurer
un monument à la mémoire des ancêtres. Mais
déjà, en 1909, la famille de Nérée Gingras
avait posé semblable geste en érigeant une
élégante croix avec niche, faite de granit de
Saint-Marc-des-Carrières. Elle existe toujours,
soigneusement entretenue, au numéro 1320, route
138 (Montréal-Québec, rive nord), à proximité
du point de rencontre des municipalités de
Neuville et de Saint-Augustin-de-Desmaures. La
niche abrite une statuette de saint Christophe,
«protecteur de nos aïeux».
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- Extrait
de: Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost
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