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LES GAUTHIER:
UNE QUINZAINE DE SOUCHES DES LE XVIIe SIECLE
- Ne nous étonnons pas
de ce qu'il y ait tant de Gauthier en Amérique
du Nord: non seulement une quinzaine de pionniers
portant ce patronyme ont fondé des familles en
Nouvelle-France au cours du XVIIe siècle, mais
une demi-douzaine d'entre eux ont été pères de
plus de dix enfants, l'ancêtre Mathurin,
originaire de Bretagne, en ayant lui-même porté
seize au baptême!
- Vu
l'abondance de la matière, nous vous
présenterons ces bâtisseurs de lignées en deux
chapitres.
- C'est un
fils de Parisien, Guillaume Gauthier, sieur de La
Chesnaye, qui fut le premier du nom à contracter
une union. Fils de Philippe et de Marie Pichon,
il franchit l'Atlantique avec sa mère, un frère
et une soeur. En 1648, à Québec, il épousait
Esther de Lambourg, originaire d'Epernon, qui lui
donna six enfants. Hélas, l'aînée périt peu
avant l'âge de trois ans dans l'incendie de la
chaumière familiale. Une autre fille unit sa
destinée à celle du marchand Guillaume Féniou.
Des quatre fils, l'un décéda en très bas âge,
un autre se fit prêtre et l'on ne sait ce qu'il
advint des deux autres.
- Le frère
de Guillaume, Charles, qui prit le surnom de
Boisverdun, conduisit à l'autel, à Québec, en
1656, Catherine Camus, fille de Hector et de
Jacquette Mondy, originaire de la région de La
Rochelle. Le couple eut huit enfants, mais un
seul fils, Louis-Bernard, qui ne semble pas avoir
eu de postérité.
- On ne
saurait en dire autant de Joseph-Elie Gauthier,
un Poitevin, qui présenta douze enfants au
baptême. Originaire de Celles-sur-Belle, les
dictionnaires généalogiques ne précisent pas
la date de son baptême, mais ce renseignement
nous a été transmis par M. Marcel Gauthier, un
membre de la Société généalogique
canadienne-française, à qui un collègue, M.
Olivier Bilodeau, avait fait part de ses
recherches dans le Livre de Baptesmes conservé
à la mairie: l'acte s'y trouve à la date du 11
octobre 1643. Fils de Samuel et de Hilaire
Gourlatier, il avait tout près de 20 ans
lorsqu'en 1663, au Château-Richer, il épousa
Marguerite Moitié, fille de Jacques et de
Françoise Langevin. Il avait signé un autre
contrat de mariage, mais l'entente avait été
annulée trois ans plus tôt.
- C'est sur
une terre de Sainte-Famille, île d'Orléans, que
le couple s'établit. De ses cinq fils, au moins
deux contractèrent mariage: Jacques, en 1704,
avec Marie Tourneroche, fille de Robert et de
Marie Targer (10 enfants dont 7 fils, presque
tous nés à Boucherville), et André, en 1712,
avec Catherine Tournois (12 enfants dont 7 fils,
nés aussi pour la plupart à Boucherville et
dans la région). Les filles s'allièrent à de
jeunes hommes nommés Dubreuil, Greffard,
Charland, Auger et Vernet.
- Le
patronyme de René Gauthier, sieur de Varennes,
allait passer à l'histoire grâce à un de ses
fils, le célèbre Pierre Gauthier de Varennes,
sieur de La Vérendrye, le premier explorateur
blanc à atteindre par terre les contreforts des
Rocheuses.
- En 1776,
aux Trois-Rivières, René Gauthier épousait
Marie Boucher, fille de Pierre Boucher, que l'on
surnomma le Patriarche de la Nouvelle-France, et
de Jeanne Crevier. Le couple eut douze enfants
dont sept fils, tous nés aux Trois-Rivières. Au
moins deux des fils fondèrent des familles:
Jacques-René, en 1712, avec Jeanne Lemoyne,
fille de Jacques et de Jeanne de Carion (9
enfants dont 3 fils), et Pierre, qui n'était pas
seulement sieur de La Vérendrye, mais aussi de
Boumois, la même année, avec Marie-Jeanne
Dandonneau, fille de Louis et de
Jeanne-Marguerite Lenoir (7 enfants dont 4 fils).
Notons que Jacques LeMoyne était l'un des
célèbres frères qui devaient se mériter le
titre de Maccabées de la Nouvelle-France. Trois
des filles se marièrent: Madeleine à Charles
Petit, Marie-Marguerite à Louis Hingue et
Marie-Renée à Christophe Dufrost, sieur de
LaJemmerais. La fille aînée de ce dernier
couple, Marie-Marguerite, allait devenir Mère
d'Youville, fondatrice des Soeurs Grises.
- C'est un
Saintongeais, Pierre Gauthier dit Saguingoira,
fils de Jacques et de Marie Boucher, qui fonda
ensuite une famille, à Montréal, en 1668, avec
Charlotte Roussel, fille de Thomas et de Barbe
Poisson. Charlotte donna huit enfants dont six
fils à son mari. Hélas, les Iroquois la
capturèrent lors du massacre de Lachine, en
1689, et l'on estime qu'elle est morte en
captivité. Au moins quatre des fils se
marièrent: Jean, en 1702, avec une
Amérindienne, Marie-Suzanne Capciouékoué (3
enfants nés à Kaskaskia, aux Illinois); Joseph,
en 1699, avec Clémence Jarry (un fils), puis, en
1718, avec Marie Fortier (8 enfants nés à
Lachine); Jean-Baptiste, en 1712, avec Marguerite
Prézeau (5 enfants nés à Pointe-Claire) et
François, en 1716, avec Françoise Lecomte (3
enfants nés à Lachine). Chose étonnante, le
généalogiste René Jetté, de qui nous
empruntons ces renseignements, signale que deux
enfants du couple Gauthier/Fortier naquirent le
30 mai et 16 novembre de la même année.
Etait-ce un cas de superfétation, un phénomène
dont la réalité, dit-on, n'a pas été
confirmée scientifiquement?
- Puis nous
vint du Poitou un cordonnier qui s'établit à
l'île d'Orléans, René Gauthier dit Larose. En
1669, à Sainte-Famille, il conduisait à l'autel
une fille du roi, Renée Labastille dite Martin,
fille de Martin et d'Anne Rubufez, de la paroisse
de Saint-Sévérin, à Paris. Le père avait
été écuyer au service du roi. Renée avait
tout d'abord signé un contrat de mariage avec
Pierre Rollandeau, mais il fut annulé.
Lorsqu'elle épousa René Gauthier, elle était
enceinte d'un fils qui naquit trois mois plus
tard. Le couple Gauthier/Labastille eut douze
enfants dont quatre fils, mais aucun de ceux-ci
ne semble s'être marié.
- Terminons
ce premier volet en évoquant la mémoire d'un
autre couple qui n'a sans doute pas contribué à
répandre le patronyme. En 1669, à Québec,
Mathurin Gauthier, originaire de Bourgneuf, près
de La Rochelle, fils de Jean et de Louis
Barbotine, épousait Anne Giraud, elle aussi
fille du roi. Elle était arrivée la même
année. Le couple s'établit à Québec et eut
six enfants dont trois fils à qui on ne connaît
aucune progéniture. Les trois filles, cependant,
fondèrent des foyers: Jeanne en 1696 avec
Étienne Chevalier, Anne en 1699 avec Jean
Loiseau et Marie-Louise en 1707 avec Jean Casse.
- Notre
prochain volet s'ouvrira sur un deuxième
Mathurin Gauthier, un ancêtre breton qui fut
père de dix-sept enfants.
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- L'ANCETRE
MATHURIN GAUTHIER:
- CENT FOIS
GRAND-PERE!
- Le Breton
Mathurin Gauthier fut le plus prolifique des
ancêtres de ce nom qui ont fondé des foyers en
Nouvelle-France au XVIIe siècle. Originaire de
Legé, une commune du département de
Loire-Atlantique, non loin de Nantes, il était
le fils de Pierre et d'Anne Lemaistre. Vers 1671,
il épousa, dans l'île Sainte-Thérèse, une
jeune fille d'origine inconnue, Nicole
Philippeau, une fille du roi, et c'est là que le
couple s'établit.
- L'île
Sainte-Thérèse est située dans le
Saint-Laurent, en face de Boucherville et de
Varennes. Dès 1681, près d'une vingtaine de
ménages s'y trouvaient, et c'est là que
naquirent les dix-sept enfants du couple, que la
mortalité enfantine épargna, car cinq de leurs
fils et huit de leurs filles devaient à leur
tour fonder des foyers. Les colons y
bénéficiaient d'une certaine sécurité, car il
y existait un fort construit en 1665 par les
soldats du régiment de Carignan. En 1672, l'île
avait été concédée à Michel-Sidrac Dugué de
Boisbriand, dont Mathurin Gauthier fut l'un des
premiers censitaires.
- L'un des
cinq fils mariés, Lambert, n'eut pas de
progéniture, mais les quatre autres eurent une
quarantaine d'enfants. Louis contracta deux
unions; l'une en 1701 avec Marguerite Ménard (8
enfants) et l'autre en 1717 avec Marie-Marguerite
Benoît (5 enfants). Charles, qui épousa Barbe
Gournay, également en 1701, éleva une nombreuse
famille (14 enfants). En 1718, Pierre conduisit
Marie-Anne Prévost à l'autel (8 enfants), et en
1720, Jean unit sa destinée à celle de
Thérèse Moreau (5 enfants). Les filles
contractèrent des alliances avec des colons
portant les patronymes de Chaput, Millet,
Raynaud, Langlois, Cusson, Vaillant et Janson.
Elles eurent une soixantaine d'enfants. C'est
donc une centaine de petits-fils et de
petites-filles qu'eut le couple
Gauthier/Philippeau!
- En 1671,
aux Trois-Rivières, Jean Gauthier, originaire de
Saintes, épousait Jeanne Petit, fille de Nicolas
et de Marie Pomponelle. Ce fut un autre couple
fort prolifique: quatorze enfants dont cinq fils,
les onze derniers nés à Varennes. Au moins deux
des fils se marièrent à leur tour: Jean en 1704
avec Angélique Gentès et Jacques en 1721 avec
Cunégonde Prudhomme. Quant aux filles, elles
s'allièrent à des colons nommés Lussier,
Gatien, Malard, Martin et Brodeur.
- En 1672,
à Sillery, le Rouennais Jacques Gauthier
unissait sa destinée à celle d'Elisabeth-Ursule
Denevers et, en 1703, il contractait une
deuxième union avec Françoise-Marguerite
Lambert, veuve de Michel Chatel. Douze enfants
naquirent de ces mariages, dont six fils, qui
fondèrent à leur tour des foyers; François en
1701 avec Elisabeth-Ursule Hamel, Joseph en 1709
avec Marie-Catherine Hamel (soeur de la
précédente), Augustin en 1713 avec
Marie-Josèphe Jouet, Jean-Baptiste en 1714 avec
Catherine Lemay, Étienne en 1717 avec Anne Celle
et Jacques en 1728 avec Catherine Choquet. Trois
des filles épousèrent des colons nommés Hamel,
Lussier, Loiseau.
- Si le
pionnier suivant avait eu une famille
proportionnelle à l'importance du rôle qu'il
joua dans la colonie, il compterait de nos jours
une multitude de descendants. Philippe Gauthier,
sieur de Comporté, originaire du Poitou, arriva
à Québec en 1665 avec le grade de lieutenant
dans une compagnie du régiment de Carignan. Il
devait par la suite occuper des postes
prestigieux, tels que prévôt de la
Maréchaussée et commissaire intérimaire des
troupes de la Marine. Il fut également
propriétaire de seigneuries. En 1672, il
conduisit à l'autel la Rouennaise Marie Bazire,
qui devait lui donner onze enfants. Deux des cinq
fils moururent jeunes et trois ne semblent pas
s'être mariés. Deux des six filles
décédèrent en bas âge, deux prirent le voile
et les autres se marièrent: Angélique en 1696
avec Denis Riverin, ancien secrétaire de
l'intendant Duchesneau, et Marie-Anne en 1700
avec Alexandre Peuvret de Gaudarville, ancien
secrétaire adjoint de l'intendant de Meulles.
- En 1675,
à Québec, le taillandier Jean Gauthier dit
Larouche épousait Angélique Lefebvre, fille de
Louis et de Suzanne de Bure. Il était originaire
d'Echillais, un peu au sud de Rochefort. Sept
enfants naquirent de cette union, dont cinq fils.
Deux de ceux-ci se marièrent: François en 1696
avec Louise Augran (10 enfants) puis en 1716 avec
Marie Marchand (4 enfants), et Claude en 1714
avec Françoise Gagné (8 enfants). Deux des
filles, Catherine-Angélique et Geneviève,
épousèrent respectivement Pierre Samson et
Michel Cadet.
- Trois
autres ancêtres fondèrent des foyers dans la
colonie avant la fin du XVIIe siècle.
- Tout
d'abord, Germain Gauthier dit Saint-Germain,
soldat de la compagnie de Saint-Ours du régiment
de Carignan, originaire de la Normandie, qui en
1677 jeta son dévolu à la Pointe-aux-Trembles
(île de Montréal) sur Jeanne Beauchamp, fille
de Jacques et de Marie Dardenne: onze enfants,
les premiers nés à Repentigny et les autres, à
Boucherville. Quatre fils fondèrent des foyers:
Jean en 1708 avec Marie Storer (faite
prisonnière en Nouvelle-Angleterre en même
temps que deux cousines), Pierre en 1707 avec
Marie-Anne Tessier, François en 1718 avec
Marie-Madeleine Tessier et Jacques en 1721 avec
Marie-Louise Tessier (soeur de Marie-Madeleine).
Trois des filles s'allièrent à de jeunes hommes
nommés Payet, Pinard et Botquin.
- C'est un
bordelais qui fonda ensuite un foyer, à
Beauport, en 1685: Jean Gauthier y conduisait à
l'autel Marie Guyon, fille de François et de
Marie-Madeleine Marsolet. C'était un militaire,
un sergent de la compagnie de Crisafy. Le couple
eut douze enfants, dont deux fils. Les
dictionnaires généalogiques ne mentionnent pas
qu'ils se soient mariés. Cinq des filles
choisirent des maris portant les patronymes de
Chancelier, Brunet, Carretot, Soupiran et
Trefflé.
- Enfin,
terminons notre énumération avec un Poitevin,
Jacques Gauthier dit Sanscartier, un autre
soldat, qui appartenait à la compagnie de
Vaudreuil. En 1699, à Québec, il épousait
Agathe Faye, fille de Pierre et de Marie Chauvet.
Le couple se fixa au Cap-Saint-Ignace, où
naquirent tous ses enfants, sauf le premier. Au
moins quatre fils fondèrent des foyers: Ignace
en 1733 avec Elisabeth Chandelier, Pierre en 1738
avec Marie-Françoise Bilodeau, Simon-Pierre en
1745 avec Anne Thiboutot et Antoine en 1755, avec
Marie-Josèphe Daniel.
- Et
voilà. On comprend que les Gauthier occupent
près d'une quarantaine de colonnes dans
l'annuaire téléphonique de Montréal et de la
région!
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- Extrait
de: Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost.
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