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LES
FRECHETTE:
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DE L'ILE DE RE AUX OLYMPIQUES
DE BARCELONE
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Au large de La Rochelle, l'île
de Ré accueille chaque année de nombreux touristes, surtout
depuis qu'un pont élégant la relie à la terre ferme.
Ré-la-Blanche, ainsi qu'on la désigne à cause de la
couleur dominante de ses maisons, compte bon nombre de petits ports voués
surtout à la voile. Celui de Saint-Martin retient particulièrement
l'attention, avec ses terrasses.
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Il est venu de l'île
de Ré en Nouvelle-France une centaine de pionniers et, depuis 1985,
elle est jumelée à notre île d'Orléans. Au nombre
de ces pionniers figure François Fréchet, originaire de Saint-Martin-de-Ré.
Ce patronyme devait acquérir une syllabe muette au fil des générations,
et même le poète Louis Fréchette, descendant direct
de François, devait la conserver.
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Lorsqu'on roule vers La Rochelle
sur la N 11, on croise la N 257 juste avant d'aborder cette ville; prise
sur la droite, elle conduit au pont, qui donne accès à la
D 735. Celle-ci frôle la commune de La Flotte (6,50 km), puis celle
de Saint-Martin (5 km).
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Lorsqu'en 1627, le duc de
Buckingham attaqua et occupa l'île pour appuyer les huguenots, l'église
fut endommagée. Un incendie devait la dévaster en 1964, mais
on l'a restaurée, et elle présente le même aspect qu'en
1627. D'imposantes ruines da dominent: il s'agit des murs de transept et
de deux portails de style gothique flamboyant de l'ancienne église.
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François Fréchet,
un charpentier de navires, était fils d'Étienne et de Marie
Belin. Il songea tout d'abord à épouser Catherine Méliot,
veuve de Jean Routhier, qui était aussi originaire de l'île
de Ré, mais le contrat fut annulé (1677), et c'est le 18
janvier 1680, à Sainte-Famille, île d'Orléans, qu'il
fonda son foyer avec Anne Lereau, fille de Simon et de Suzanne Jarousseau.
Le couple vécut tout d'abord à Sainte-Famille, puis se fixa
à Saint-Nicolas, près de Lévis.
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François et Anne eurent
douze enfants dont sept fils. L'un décéda adolescent et un
autre peu après son dixième anniversaire. Un troisième,
Joseph, se fit prêtre chez les Récollets; on le trouva noyé
en face de Verchères (1722). Trois autres fils fondèrent
des familles. L'archiviste Jean-Jacques Lefebvre (Mémoires de la
Société généalogique canadienne-française,
vol.XIX, p.26) nous renseigne à leur sujet. L'aîné,
prénommé François comme son père, épousa
à Saint-Nicolas (1797) Marguerite Bergeron, fille d'André
et de Marguerite Demers et nièce du curé de la paroisse;
le couple eut treize enfants dont onze contractèrent mariage; François
fut capitaine de milice à Saint-Nicolas, et l'un de ses fils, Étienne,
exerça les mêmes fonctions lors de l'invasion des yankees,
et il fut inhumé (1785) dans la crypte de l'église de Saint-Nicolas.
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Le deuxième fils, Étienne,
conduisit à l'autel (1710), à Québec, Marie-Anne Lavergne,
fille de Louis et de Marie-Anne Simon et veuve du maître de chaloupe
Jacques Morin dit Boucher. Le couple eut trois fils. L'aîné,
Louis-Simon, contracta deux mariages, le premier (1739) avec Louise Constantin
(6 enfants) et le second (1748) avec Louise-Josèphe Bazil (10 enfants).
Nous ignorons si le deuxième des fils, Étienne, fonda un
foyer. Quant au benjamin, Jean-Baptiste, il embrassa la prêtrise
en 1742 et décéda à l'hôpital Général
de Québec en 1774.
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Un autre pionnier portant
le même patronyme, Pierre, fils de Jean et de Jacquette Goyon, a
fondé un foyer dans la colonie, sur la côte de Beaupré,
le 9 novembre 1671, avec Charlotte Godin, fille d'Elie et d'Esther Ramage.
Il était originaire du Poitou et avait signé un contrat d'engagement
à La Rochelle en 1658. Il décéda prématurément
en 1677, père de trois enfants, deux filles et un fils. Au sujet
de ce dernier on ne sait rien d'autre que la date de son baptême
(26 septembre 1672). Une troisième fille, posthume, devait voir
le jour en septembre 1678.
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Les deux pionniers dont nous
avons évoqué la mémoire, François et Pierre,
signaient Frichet. C'est d'ailleurs sous cette épellation que l'on
trouve les origines du patronyme dans les dictionnaires étymologiques
des noms de famille. Il est issu de «friche» (fresche en ancien
français), provenant du mot néerlandais «versch»,
désignant un terrain non cultivé. Telle est l'origine des
Frichet et des Frichot, de même que des Frichement que l'on rencontre
en Normandie.
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Pour conclure, mentionnons
un autre fondateur de lignée, lui aussi d'origine poitevine et qui
fut meunier à Charlesbourg, Jacques Fréchet, fils de Jacques
et de Louise Gaye. Le père était soldat dans la compagnie
des canonniers du roi.
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Originaire de Saint-Hilaire,
évêché de Luçon, Jacques épousa à
Charlesbourg, le 11 janvier 1706, Marie-Françoise Sarrazin, fille
de Nicolas et de Marie-Catherine Blondeau. Le couple eut neuf enfants,
tous nés à Charlesbourg.
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Deux des trois fils se marièrent
à leur tour. Jacques-Pierre épousa, en 1737, Marie-Jeanne
Falardeau, fille de Guillaume et de Jeanne Renaud (11 enfants dont 5 fils);
il contracta une seconde union, en 1775, avec Marie Chalifour, fille de
Pierre et de Geneviève Allard et veuve de Joseph Maillou (sans postérité).
En 1741, Étienne conduisit à l'autel Marie-Anne Guillot,
fille de Jean et de Marie-Anne Legris (15 enfants dont 10 fils; plusieurs
décédèrent en bas âge).
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Trois des six filles fondèrent
des foyers: Marie en 1731 avec Jean-Baptiste Tapin (9 enfants dont 3 fils).
Angélique-Elisabeth en 1736 avec Jean Paquet, veuf de Marie-Madeleine
Loisel (7 enfants dont 4 fils) et Marie-Charlotte en 1743 avec André
Chandonné (nous ignorons s'il y eut progéniture).
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De tous les Fréchette
du passé, c'est sans doute le premier Québécois lauréat
de l'Académie française dont le souvenir demeure le plus
vivace. Louis Fréchette, auteur de La Légende d'un
Peuple, se distingua auprès de l'aréopage des académiciens
en 1880 par ses Fleurs boréales et ses Oiseaux de neige.
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Plus près de nous,
deux Québécoises ont illustré ce patronyme. En 1992,
Louise Fréchette devenait la première femme à représenter
le Canada aux Nations Unies et en 1993, Sylvie Fréchette qui, deux
ans plus tôt, en Australie, avait remporté les honneurs d'une
épreuve solo de nage synchronisée, gagnait une médaille
d'or aux Jeux olympiques de Barcelone.
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Extrait de: Portraits de familles
pionnières de Robert Prévost.