| |
LES
DUPUIS,UNE GRANDE FAMILLE
AUX MULTIPLES SOUCHES
- Les deux premiers
Dupuis qui passèrent en Nouvelle-France et s'y
marièrent n'ont pas contribué à l'enracinement
de leur patronyme. Paul Dupuis, originaire de
Beaucaire, près de Nîmes, épousa à Québec,
en 1668, Jeanne Couillard, fille de Louis et de
Geneviève Després et petite-fille du pionnier
Louis Hébert. Jeanne reçut de son père la
seigneurie de l'île aux Oies en guise de cadeau
de noces, et là naquirent au moins huit des
quatorze enfants du couple. une nombreuse
famille, certes, mais que décima la mortalité
infantile. Aucun des quatre fils du couple ne se
maria. Deux d'entre eux qui atteignirent l'âge
adulte se firent soldats, mais décédèrent
avant la trentaine. Trois des dix filles prirent
le voile, six moururent entre la naissance et
l'âge de 17 ans et une seule fonda un foyer.
Quand il décéda, en 1713, Paul Dupuis était
lieutenant général de la Prévôté de Québec
et avait occupé précédemment d'autres postes
importants.
- Zacharie
Dupuis, qui était dit sieur de Verdun et qui, en
1668 également, épousa à Québec Jeanne
Groisard, était originaire de Saverdun, comté
de Foix (aujourd'hui département de l'Ariège);
même si le couple n'eut pas de progéniture,
signalons le mérite de ce pionnier. Il fut l'un
des premiers à s'établir à bonne distance de
Ville-Marie malgré la menace iroquoise. En 1671,
en effet, les seigneurs lui concédaient
l'arrière-fief de Verdun. La ville de l'île de
Montréal que l'on désigne de nos jours sous ce
toponyme le doit à l'appellation du lieu natal
de ce personnage qui, à sa mort, était major de
la garnison de Montréal dont il avait été à
deux reprises de gouverneur intérimaire.
- En 1670,
à Québec, François Dupuis, fils de François
et de Marguerite Resneau et originaire de
l'archevêché de Limoges, épousait une
Bourguignonne, Georgette Richer, fille de Jean et
de Léonarde Bornay. Le couple eut sept enfants
dont trois fils et deux de ceux-ci fondèrent à
leur tour des foyers. En 1694, René épousait
Angélique Marie, fille de Louis et de Mathurine
Goard, qui devait lui donner douze enfants dont
huit fils, tous nés à Laprairie. En 1699, le
deuxième fils, Moïse, choisissait une jeune
fille d'origine hollandaise comme compagne de
vie. Marie-Anne-Louise Christiansen habite alors
Corlear (aujourd'hui Schenectady). Quelques jours
plus tard, les Français attaqueront la place. Le
couple rentrera à Montréal et se fixera lui
aussi à Laprairie où naîtront ses neuf
enfants, dont trois fils,entre 1700 et 1715.
- Nicolas
Dupuis dit Montauban, qui travaille comme
domestique aux Trois-Rivières lors des
recensements de 1666 et de 1667, était
originaire de la paroisse Saint-Martin de
Montmorency (15 km au nord de Paris). En 1681, à
Québec, il épouse Marie-Madeleine Emond, fille
de René et de Marie Lafaye, qui lui donna quatre
enfants, mais en eut cinq. C'est que, comme
beaucoup de jeunes gens, Nicolas s'absentait du
foyer pour participer à des expéditions vers
l'ouest dans le cadre de la traite des
pelleteries. Or, en 1688, elle donnait naissance
à une fille de père inconnu «pendant le voyage
de son mari à Michillimakinac» rapporte le
généalogiste René Jetté. Le bébé décéda
à l'âge de deux mois. Avant ce malencontreux
événement, deux enfants étaient nés au
couple, à Lachine, mais eux aussi étaient morts
en bas âge. En 1690 et 1693, deux filles
voyaient le jour à Montréal, Angélique et
Marie-Charlotte, qui devaient épouser
respectivement Charles Fiset et René Patry.
-
-
-
-
-
- De
Guyenne nous vint Jacques Dupuis dit La Garenne,
fils de Bernard et de Marie Linsay, qui, aux
Trois-Rivières, en 1687, fonda un foyer avec
Marie-Madeleine Prévost, fille d'Elie et de
Marie Pothier: sept enfants dont deux fils qui
décédèrent avant l'âge adulte. Trois des cinq
filles contractèrent des unions: Marie-Anne avec
Philippe Cauchon (1716), Marie-Marguerite avec
Jean-François Vertefeuille (1722) et Thérèse
avec Jacques Daneau (1723)
- Nous
avons évoqué précédemment la famille du
Limousin François Dupuis, qui s'était fixée à
Laprairie. Il en fut ainsi de celle du Parisien
Louis Dupuis qui, en 1688, à Québec, unit sa
destinée à celle de Barbe Dubeau, fille de
Toussaint et de Marguerite Damy. Le couple eut
sept enfants, dont un fils, Jean, qui, en 1724,
fonda un foyer avec Catherine Tessier, fille de
Paul et de Jeanne Amiot. Ces deux familles ont
donné à Laprairie des capitaines de milice qui
y ont joué des rôles de premier plan. Le
parisien Louis Dupuis fut un coureur de bois
impénitent, un «homme de grande compagnie et
dépense», et il dilapida ses biens au point où
son épouse dut se pourvoir en séparation pour
sauvegarder les siens.
- En 1698,
à Champlain, François Dupuis dit Jolicoeur,
originaire de Saint-Astier, non loin de
Périgueux, épousait Marguerite Banliac, fille
de François et de Marguerite Pelletier, Comme
son nom le suggère, c'était un soldat. Le
couple se fixa à Maskinongé, et c'est là que
naquirent la plupart de ses treize enfants. Cinq
de ceux-ci étaient des fils. L'un décéda en
bas âge; les autres, Charles, Jean-François,
Antoine et Jean-Baptiste, fondèrent des foyers.
- En 1720,
Charles conduisait à l'autel Ursule Sicard,
fille de Jean et de Geneviève Raté, qui lui
donna deux fils. Jean-François contracta deux
unions: la première en 1730 avec Marie-Thérèse
Marquet, fille de François et de Louise
Galarneau (13 enfants dont 7 fils) et la seconde,
avec Marie-Josèphe Lecler, fille de Pierre et de
Jeanne Bastien (6 enfants dont 4 fils). Antoine
se maria aussi deux fois: en 1736 avec Françoise
Jutras (un fils et une fille) puis en 1741 avec
Marie-Ursule Alary, fille de Pierre-René et de
Marie-Josèphe Lemay (14 enfants dont 9 fils).
Enfin, Jean-Baptiste conduisit à l'autel, en
1739, Catherine Constantineau, fille de
Jean-François et de Marie-Louise Matte (3 fils
et 13 filles). Les quatre frères donnèrent plus
d'une quarantaine de petits-enfants à leurs
parents.
- Ceci
termine l'énumération des pionniers porteurs du
patronyme Dupuis qui ont fondé des foyers en
Nouvelle-France au cours du XVIIe siècle et ont
eu des enfants. Mais il nous en vint d'autres
avant la fin du régime français, notamment:
Antoine Dupuis dit Beauregard, originaire de
Gascogne, qui épousa Marie-Anne Maranda à
Montréal en 1706, Pierre Dupuis dit
Saint-Pierre, venu de la Dordogne, qui conduisit
Madeleine Renaud à l'autel, à Québec, en 1712
et Pierre Dupuis dit Saint-Michel, originaire de
Bordeaux et qui, à Montréal, en 1713, unit sa
destinée à celle de Marie-Anne Poirier. Chacun
de ces trois couples eut des enfants.
-
-
- Extrait de:
Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost.
|
|