FRANÇOIS
DUMAS, UN PIONNIER
A LA NOMBREUSE DESCENDANCE
Chez les Dumas, les trois plus
prolifiques pionniers venus de France au XVIIe siècle se
prénommaient François, René et Pierre et étaient
originaires de l'Angoumois et de la Touraine.
Fils de François
et d'Anne Rollin, le premier, qui avait été engagé
comme maçon et portait le même prénom que son père,
venait de Nanteil-en-Vallée. C'est de nos jours une
commune d'environ 1 500 habitants, située dans
l'arrondissement d'Angoulême, sur la D 740, à une
dizaine de kilomètres à l'est de Ruffec.
A l'âge de 25
ans, en 1667, François Dumas épouse Marguerite Foy,
fille de Pierre et de Catherine Blanchard, une Poitevine.
Le couple se fixa à Sainte-Famille, île d'Orléans, et
eut sept enfants dont quatre fils. Deux de ceux-ci se
marièrent: François et Charles. Le premier fut père de
vingt enfants, et le second, de douze.
François
s'établit à Saint-Laurent, île d'Orléans, avec son
épouse, Marie-Françoise Gervais, fille de Marin et de
Françoise Monvoisin, qu'il venait de conduire à
l'autel, en 1689. L'épouse décéda en 1716 après la
naissance de douze enfants. François se remaria l'année
suivante avec Jeanne Rouleau, fille de Gabriel et de
Jeanne Dufresne et veuve de Nicolas Baillargeon. Déjà
mère de trois enfants, elle devait en présenter huit à
son second mari.
Cinq des fils du
premier lit fondèrent à leur tour des familles:
François (1717) avec Marguerite Rouleau, fille de
Gabriel et de Jeanne Dufresne (8 enfants dont 4 fils);
Georges (1723) avec Marguerite Gobeil, fille de
Barthélemi et d'Anne Dionne (sans progéniture), puis
(1725) avec Marie-Anne Godbout, fille de Nicolas et de
Marguerite-Angélique Lemelin (8 enfants dont 5 fils);
Pierre (1725) avec Suzanne Baillargeon, fille de Nicolas
et de Jeanne Rouleau (7 enfants dont 3 fils); Augustin
(1733) avec Geneviève Audet, fille de Nicolas et de
Marie-Louise Chabot (3 enfants dont 2 fils); et Charles
(1733) avec Ursule Gaudin, fille de Pierre et de
Catherine Pellerin (10 enfants dont 5 fils).
Des cinq fils du
deuxième lit, deux imitèrent leurs demi-frères: André
épousa (1740) Geneviève Chabot, fille de Jean et
d'Éléonore Énaud (6 enfants dont 5 fils), et Nicolas
(1754), Marie-Anne Fortier, fille de Louis et
d'Élisabeth Fontaine (2 enfants dont un fils).
Si l'on fait le
total des enfants nés des mariages des sept petits-fils
de l'ancêtre François, on constate que ceux-ci lui ont
donné 25 arrière-petits-fils et 19
arrière-petites-filles.
Nous avons
souligné que deux fils de l'ancêtre avaient fondé des
familles. Nous n'avons jusqu'ici traité que de
François. L'autre, Charles, contracta trois mariages:
tout d'abord (1694) avec Françoise Rondeau, fille de
Thomas et d'Andrée Remondière, puis (1702) avec Marie
Guignard, fille de Pierre et de Jeanne Guillemet, enfin
(1712) avec Marthe Garand, fille de Pierre et de Renée
Chanfrain et veuve de Charles Branchaud dit Lacombe.
Quatre enfants naquirent de chacune de ces unions: huit
fils et quatre filles, et au moins cinq des fils se
marièrent à leur tour: Charles (1725) avec Marie
Chauvin, fille de Jean et de Marie Fauconnet (5 enfants
dont 3 fils), Jean-Baptiste (1725) avec Marie-Anne
Bergeron, fille de Jacques et de Marie-Agnès Grenon (8
enfants dont 4 fils), Joseph (1727) avec Marie-Josèphe
Ondoyer (8 enfants dont 3 fils), Étienne (1731) avec
Félicité Chenay, fille de Jean-Baptiste et d'Élisabeth
Boucher (6 enfants dont 3 fils) et Michel (1738) avec
Marie-Jeanne Petit, fille de Joseph et de Marie-Jeanne
Brisset (3 enfants dont 2 fils).
Les cinq
petits-fils de l'ancêtre François nés des mariages de
Charles lui donnèrent quinze arrière-petits-fils et
autant d'arrière-petites-filles. Si on leur ajoute les
arrière-petits-enfants issus des unions de François, le
frère de Charles, on en arrive à quarante
arrière-petits-fils et à trente-quatre
arrière-petites-filles, et il n'est pas certain que ces
totaux ne soient pas plus élevés!
Au mois d'août
1665 arrivaient à Québec des compagnies du régiment de
Carignan, dont celle de Grandfontaine. C'est donc en
uniforme militaire que René Dumas dit Rencontre franchit
l'Atlantique. Une fois démobilisé, il épousa à
Québec Marie Lelong, fille de Mathurin et de Perrine
Moret. Elle était originaire de la région de Rennes.
L'une des
premières tâches confiées au régiment avait été la
reconstruction du fort de Chambly, et le jeune soldat y
avait probablement participé, car c'est à Chambly que
naquirent les deux premiers enfants du couple. Sauf une
exception, les autres virent le jour à La Prairie. Chose
étonnante, lors du recensement de 1681, René Dumas
cultive sept arpents à La Prairie et huit à Chambly!
Le couple
Dumas/Lelong eut neuf enfants dont trois fils. Un seul,
semble-t-il, prénommé Pierre, fonda un foyer, en 1715,
à La Prairie, avec Marie Demers, fille d'Eustache et de
Catherine Perras. Il en naquit dix enfants dont cinq
fils, tous baptisés à La Prairie. Trois des fils
épousèrent des filles de La Prairie ou de la région:
Jean-François, Jean-Baptiste et Jacques conduisirent à
l'autel Jeanne Leclerc, Charlotte-Élisabeth Guy et
Marie-Anne Surprenant, respectivement.
Pierre Dumas dit
Langoumois, soldat de la compagnie de Vaudreuil et fils
de Pierre et d'Isabelle Auger, de la paroisse
Saint-Martial, Angoulême, épousa en 1699, au
Château-Richer, Marie Verreau, fille de Barthélemi et
de Marthe Quitel. Marie décéda en 1703; mère de trois
enfants, ils moururent à la naissance ou au berceau.
La deuxième
union de Pierre Dumas fut plus heureuse. Selon le
généalogiste Tanguay, Isabelle Poupardeau, fille de
Pierre et de Madeleine Maréchal, donna naissance à une
demi-douzaine d'enfants. Parmi eux, quatre fils
fondèrent des foyers: Pierre en 1730 avec Jeanne
Lalongé, Étienne en 1735 avec Marie-Josèphe Gendron,
Jacques en 1740 avec Marie-Josèphe Périllard et Alexis
en 1742 avec Marie-Barbe Potère.
Devenu veuf une
nouvelle fois, Pierre Dumas s'unit en 1716 à
Marie-Charlotte Glory, veuve de Jean Prieur dit Lafleur
de même que de Jean Auger dit Baron et fille de Laurent
et de Jacqueline Lagrange.
C'est sans doute
François Dumas et Marguerite Foy qui comptent de nos
jours le plus de descendants, grâce à la remarquable
prolificité de leurs fils François et Charles.
Extrait de: Portraits de
familles pionnières de Robert Prévost