JEAN COTÉ,
SEUL ANCÊTRE DE PLUSIEURS LIGNÉE
 
 
 

Les familles Côté sont si nombreuses en Amérique du Nord qu'on les croirait issues de plusieurs fondateurs de lignées arrivés tôt en Nouvelle-France. Or, au XVIIe siècle, un seul pionnier portant ce patronyme s'y est établi, et encore n'eut-il pas une famille remarquablement nombreuse: huit enfants. Mais, ses cinq fils ont été fort prolifiques.  Hélas! on ignore d'où venait cet ancêtre, qui était prénommé Jean. Parce qu'il fut l'un des premiers habitants de la seigneurie de Beauport et qu'il était dans la colonie dès 1635, on pense qu'il venait du Perche. En 1634, en effet, Robert Giffard avait obtenu la seigneurie de Beauport et s'était employé à la mettre en valeur en recrutant défricheurs et artisans dans l'ancien comté du Perche.  On n'est guère mieux renseigné sur la jeune femme qu'il épousa à Québec le 17 novembre 1635, à peine plus d'un mois avant le décès de Samuel de Champlain. On ne connaît pas non plus son origine. Elle s'appelait Anne Martin, et certains ont pensé qu'elle était peut-être la fille d'Abraham Martin, qui a donné son prénom aux Plaines d'Abraham, mais Anne, la fille d'Abraham, ne vit le jour qu'en 1645. Par ailleurs, l'historien Marcel Trudel, dans son Catalogue des immigrants, la dit fille de Galleran Martin, un veuf décédé à Beauport en 1662. Lui et Anne serait arrivés à Québec en 1635. C'est le missionnaire jésuite Charles Lalemant qui bénit le mariage de Jean Côté et d'Anne Martin, en présence du seigneur Robert Giffard et de Guillaume Couillard, gendre de Louis Hébert. Quelques mois plus tard, le 27 août 1636, le gouverneur Huault de Montmagny cède à Jean Côté un emplacement d'un arpent de front sur la Grande-Allée, mais est-ce suffisant pour élever une famille? Déjà, un fils est né, Louis, baptisé le 25 octobre 1635, un peu plus d'une vingtaine de jours avant le mariage des parents. Les parrain et marraine ont été le seigneur Giffard et Louise Couillard, fille de Guillaume.  A ce moment-là, le pionnier Noël Langlois est propriétaire de 300 arpents de terre que Giffard lui a concédés dans sa seigneurie de Beauport en 1637. La menace iroquoise est une épée de Damoclès toujours présente sur la côte de Beaupré. Est-ce pour mieux se prémunir contre le danger qu'il offre de céder à Côté une portion de son domaine?  Les deux voisins s'entendent bien. Ainsi, en 1641, ils passent un marché avec la Compagnie de la Nouvelle-France pour la fourniture de 500 bottes de foin, au prix de 80 livres tournois. Jean a construit sa maison et, en 1645, le seigneur Giffard le reconnaît propriétaire de la terre qu'il met en valeur.  Le couple Côté/Martin, avons-nous dit, eut huit enfants. L'aîné, Louis, épousa en 1662 Élisabeth Langlois, fille de Noël, et s'établit au Château-Richer. Il décéda prématurément après avoir été père d'une fille et de deux fils. L'un de ceux-ci, Louis, devait fonder un foyer en 1691 avec Geneviève Bernier, fille de Jacques et d'Antoinette Grenier.  A l'âge de 12 ans, Simone unit sa destinée, en 1649, à celle de Pierre Soumande, un maître taillandier à qui elle donna treize enfants, dont deux filles qui prirent le voile chez les religieuses de l'Hôtel-Dieu.  Né en 1639, Martin choisit pour compagne de vie, en 1667, Suzanne Pagé, fille de Raymond et de Madeleine Bergeron. Cinq de leurs neuf enfants naquirent à Sainte-Famille, île d'Orléans. Deux des fils se marièrent: Jean (1694) avec Marie-Anne Langlois, fille de Noël et d'Aimée Caron, et Pierre-Martin (1707) avec Marie Baillargeon, fille de Jean et de Marie-Jeanne Godbout.  Mathieu, né en 1642, fonda une famille (1667) avec Élisabeth Gravel, fille de Massé et de Marguerite Tavernier; cinq de leurs enfants virent le jour à Sainte-Famille et quatre autres à Saint-Pierre, île d'Orléans. Trois fils eurent à leur tour de la progéniture: Martin (1698) avec Marguerite Ferland, fille de François et de Jeanne-Françoise Milloir, Pierre (1707) avec Geneviève Ferland, soeur de Marguerite, et Mathieu (1710) avec Françoise Dupil, fille de Rémi et d'Anne Lagou.  Jean fut de loin le plus prolifique, grâce à deux mariages, le premier (1669) avec Anne Couture, fille de Guillaume, le célèbre découvreur et interprète, et d'Anne Émard, et le second (1686) avec Geneviève  Verdon, fille de Vincent et de Geneviève Pelletier. Sept et onze enfants naquirent respectivement de ces unions, dont douze fils, et dix de ceux-ci fondèrent des foyers. Voici donc la liste de leurs mariages: Jean-Baptiste (1695), Françoise-Charlotte Choret; Noël (1696), Marie-Madeleine Drouin; Pierre (1707), Marie-Charlotte Rondeau; Guillaume (1719), Clotide Amelot; Joseph (1711), Thérèse Huot et (1730), Jeanne Roussin; Jean-Marie (1716), Madeleine Huot; Ignace (1733), Véronique Hébert; Gabriel (1739), Cécile Gosselin; Charles (1739), Geneviève Fiset et (1740), Françoise Estiambe; Thomas (1733), Geneviève Simard, puis Geneviève Gagnon. Notons que les trois filles nées du premier mariage se firent religieuses au monastère de l'Hôtel-Dieu de Québec, alors que les trois issues du second épousèrent des colons nommés Tinon, Boissel et Alliés. Mentionnons enfin le dernier fils du couple Côté/Martin, Noël. En 1673, il s'unissait à Hélène Graton, fille de Claude et de Marguerite Moncion. Leurs dix enfants virent le jour dans l'île d'Orléans, les premiers à Sainte-Famille et les autres à Saint-Pierre. Trois fils fondèrent des familles: Jacques (1706) avec Madeleine Rondeau, fille de Thomas et d'Andrée Remondière, Joseph (1714) avec Marie-Anne Lambert, fille de Pierre et de Marie Normand, et Augustin (1720) avec Madeleine Baillargeon, fille de Jean et de Marie-Jeanne Godbout.  La naissance de Marie, décédée peu de jours plus tard, puis de Louise, compléta la famille. Avec Jean Grignon, marchand et banquier, Louise mit au monde 16 enfants, dont 15 nés à La Rochelle. L'une de ses filles épousa nul autre que Jean Donat, conseiller du roi, directeur et trésorier de la Monnaie royale à La Rochelle.  La descendance de l'ancêtre Jean a essaimé généreusement tant sur la côte de Beaupré que dans l'île d'Orléans. De nos jours, l'une des belles fermes de la côte, «La Coterie», propriété de M. Pierre-Célestin Côté et située au numéro 6109 de l'avenue Royale, à L'Ange-Gardien, témoigne de l'existence industrieuse de l'une de nos belles familles.


  Extrait de: Portraits de familles pionnières de Robert Prévost
 
 
 

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