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Le pionnier
Robert CARON:
près de 600 descendants en un siècle.
- Vouloir résumer,
même à grands traits, les origines de nos
familles Caron constitue un véritable défi, car
les quatre pionniers de ce nom venus en
Nouvelle-France au XVIIe siècle ont tous
contribué généreusement à la revanche des
berceaux.
- C'est le
premier arrivé, Robert, qui eut le moins
d'enfants, seulement...sept, mais ses quatre fils
en portèrent plus d'une quarantaine au baptême!
- On ignore
d'où exactement venait Robert Caron, mais on le
croit d'origine saintongeaise. C'est un autre
pionnier de la première heure. Lorsqu'il
débarque à Québec, dès 1636, le fondateur de
l'établissement, Samuel de Champlain, n'est
décédé que depuis quelques mois. Dès l'année
suivante, on lui concède une terre sur la côte
de Beaupré et, le 25 octobre (1637), il épouse
Marie Crevet, une Normande originaire de
Bénouville, non loin de Caen.
- Sept
enfants, avons-nous dit, naîtront de cette
union. Tout d'abord une fille, Marie, qui, en
1656, fondera une famille avec Jean Picard, à
qui elle ne donnera qu'une fille, car son destin
fut tragique. Le 5 juin 1660, un parti de huit
Hurons alliés aux Iroquois s'empare d'elle et de
quatre enfants. Quand les canots atteignent la
pointe Lévy, des Français, accompagnés
d'Algonguins, les interceptent. Dans
l'engagement, Marie reçoit une blessure fatale.
Trois des huit transfuges se noyèrent, trois
autres furent brûlés à Québec. On en donna un
«aux Trois-Rivières», qui dut connaître
semblable sort. Un seul eut la vie sauve. Justice
expéditive!
- Après
naquirent deux fils, Jean-Baptiste et Robert. Le
premier épousa, en 1661, Marguerite Gagnon,
fille de Jean et de Marguerite Cauchon, qui lui
donna dix enfants dont deux fils, Pierre et Jean,
qui devaient s'unir à Geneviève Maheu et à
Rosalie Simard, respectivement. Des huit filles,
deux décédèrent en bas âge; les autres
s'allièrent à des colons aux patronymes fort
répandus: Lessard, Paré, Bolduc, Bernier,
Simard.
- Quant à
Robert, qui avait reçu le prénom de son père,
il conduisit à l'autel, en 1674, Marguerite
Cloutier, fille de Jean et de Marie Martin.
Treize enfants naquirent de cette union, dont
sept fils qui se marièrent tous: François en
1702 à Françoise Paré (14 enfants); Ignace en
1707, Augustin en 1712 et Claude en 1716 avec,
respectivement, les trois soeurs Gaulin, Marie,
Marie-Madeleine et Marthe (14, 12 et 3 enfants,
dans l'ordre); Joseph en 1713 avec
Marie-Madeleine Bernier (11 enfants); Alexandre
en 1719 avec Dorothée Lessard (2 enfants) et
Joseph-Marie, en 1727, avec Angélique Guay, qui
hélas décéda quelques semaines après le
mariage.
- La
quatrième enfant, Catherine, épousa Jacques
Dodier en 1662 et lui donna cinq enfants dont
deux fils; l'un d'eux ne vécut que quelques
heures, mais l'autre, prénommé Ange, choisit
pour compagne Marguerite Paré. Les filles
contribuèrent par leurs alliances à la
multiplication des Gagné et des Simard.
- Deux
autres fils, Joseph et Pierre, vinrent après
Catherine babiller sous le toit familial. Le
premier, qui était charpentier, se structura une
belle famille en épousant Elisabeth Bernier,
fille de Jacques et d'Antoinette Grenier, en
1683: 12 enfants en résultèrent. Le second lui
avait montré la voie cinq ans plus tôt: il
avait choisi pour compagne Marie Bernier, la
soeur d'Elisabeth, qui devait être mère de huit
enfants.
- La
dernière de la famille, Aimée, devint en 1677
l'épouse de Noël Langlois dit Traversy et lui
donna cinq enfants.
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- En 1986,
les familles Caron ont fêté le 350e
anniversaire de l'arrivée de l'ancêtre Robert
en Nouvelle-France. On estimait alors que le
Québec comptait quelque 12,000 citoyens de ce
nom et qu'il s'en trouvait plus de 3,000 aux
Etats-Unis.
- Une
étude de l'Institut national d'études
démographiques de l'Université de Montréal
révèle que dès la fin de 1729, 584 descendants
de Robert Caron avaient vu le jour!
- Trois
autres pionniers, avons-nous dit, ont contribué
dès le XVIIe siècle à l'essaimage du patronyme
Caron. Le couple Claude Caron/Madeleine Varennes,
originaire de Saint-Jean-d'Aubrigoux, en
Auvergne, compte au nombre des pionniers de
Laprairie et eut neuf enfants dont quatre fils;
deux de ceux-ci décédèrent en bas âge, alors
que les deux autres, Claude et Vital,
épousèrent les soeurs Elisabeth et Marie
Perthuis, filles de Pierre et de Claude Damisé,
en 1695 et 1698 respectivement. Claude devait, en
1703, contracter une seconde union , avec Jeanne
Boyer, fille de Nicolas et de Marguerite Maclin.
Claude et Vital eurent de ces mariages plus d'une
vingtaine d'enfants qui virent le jour pour la
plupart à Montréal, certains à Lachine.
- De
l'Auvergne, plus précisément de Médeyrolles,
nous vint aussi Vital Caron, fils de Michel et de
Jeanne Allard, et probablement un parent de
Claude. En 1686, au Château-Richer, il épousa
Marguerite Gagnon, fille de Mathurin et de
Françoise Godeau, qui lui donna neuf enfants
dont trois fils. Un seul de ceux-ci, Nicolas,
fonda un foyer, en 1729, avec Marguerite de
Rainville, fille de Jean et de Marguerite
Vallée. Selon le généalogiste Tanguay, le
couple eut quatre enfants dont deux fils,
Nicolas-Michel et Alexis, qui se marièrent à
leur tour.
- Enfin,
mentionnons un quatrième pionnier de même
patronyme, Jean Caron, fils de Pierre et de Marie
Thoisnet, un forgeron et maître taillandier de
la paroisse de Saint-Jean-du-Perrot de La
Rochelle. Le clocher de l'église où il fut
baptisé domine toujours la ville.
- Nous
ignorons quand Jean Caron franchit l'Atlantique.
Lors du recensement de 1681, il est établi dans
la seigneurie de Saurel, où il met huit arpents
en valeur. C'est seulement cinq ans plus tard
qu'il fondera un foyer, avec Elisabeth Rabouin,
fille de Jean et de Marguerite Radion, un mariage
qui, hélas, fut jalonné de deuils. Le premier
enfant fut sans doute un mort-né, car il est
demeuré anonyme. Les deux suivants ne vécurent
qu'un et cinq ans, respectivement.
- Devenu
veuf en octobre 1691, Jean Caron se remaria en
1696, à Champlain, avec Thérèse de Billy,
fille de François et de Catherine-Marguerite de
Lamarche, qui fut mère de six enfants, dont deux
fils. devenu veuf une seconde fois en 1723, Jean
Caron le demeura jusqu'à son décès survenu à
l'hôpital Général de Québec en 1730. Il
était âgé de 82 ans. Lors de son deuxième
mariage, il s'était établi à Champlain après
avoir vécu quelque temps à Batiscan.
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- Extrait
de: Portraits de familles pionnières de Robert
Prévost.
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