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LES
BONNEAU,
FAMILLE PIONNIÈRE
DE SAINT-FRANÇOIS, ILE D'ORLÉANS
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- La plupart de
nos Bonneau de vieille souche, sinon
tous, ont pour ancêtre un maçon
originaire du Poitou. C'est le seul
pionnier portant ce patronyme qui se soit
fixé en Nouvelle-France au cours du
XVIIe siècle.
- Fils
de Pierre et de Marie Lambert, Joseph
Bonneau était de Vernoux-sur-Boutonne,
non loin de Niort. La Boutonne est un
affluent de la Charente. Elle débute
près de Chef-Boutonne, département des
Deux-Sèvres, et arrose
Saint-Jean-d'Angély. C'est une rivière
aussi calme que pittoresque, et qui fait
la joie des estivants.
- Il
n'est pas facile de repérer
Vernoux-sur-Boutonne, une petite commune
d'à peine 200 habitants. Elle ne figure
que sur les cartes à grande échelle.
Prenons pour point de départ Niort, la
préfecture des Deux-Sèvres. Là débute
la D 740: direction sud-est, elle conduit
à Vernoux en un peu moins de 30 km,
juste avant son croisement avec la D 950.
- Nombreux
sont nos ancêtres dont on retrace la
présence dans la colonie à l'occasion
du recensement effectué à l'initiative
de l'intendant Talon. C'est ainsi qu'en
1667, on note que Joseph Bonneau, alors
âgé de 18 ans, travaille comme garçon
de ferme sur la côte Saint-Ignace
(Sillery). Il est à l'emploi d'un
grouillant personnage, Noël Jérémie
dit Lamontagne, de même qu'un autre
engagé, Pierre Pelletier. Pourtant, le
patron ne met encore que huit arpents en
valeur et ne possède que deux bêtes à
cornes. C'est que Noël Jérémie vient
tout juste de s'établir, s'étant
jusque-là adonné à la traite des
fourrures chez les Papinachois et
«autres nations du nord».
- Joseph
Bonneau portait un curieux surnom: il
était dit La Bécasse. Était-il friand
de chasse? Au moins deux de ses fils nés
d'un second mariage, Jean et Augustin,
l'adoptèrent aussi. En 1670, plusieurs
filles du roi arrivèrent à Québec,
dont Marie-Anne Lelong, fille de feu
Jacques et de Marguerite Grossier, de la
paroisse Saint-Pierre-aux-Boeufs, à
Paris, dont l'église fut démolie en
1837. On peut de nos jours voir le
portail de celle-ci: déposé pierre par
pierre, il orne l'entrée de l'église
Saint-Séverin.
- Joseph
jeta son dévolu sur la jeune Parisienne.
Le couple signa son contrat de mariage le
31 août 1670 par-devant le notaire
Romain Becquet et reçut la bénédiction
nuptiale le 16 septembre en l'église de
Sainte-Famille, île d'Orléans. C'est
d'ailleurs dans cette île qu'il avait
décidé de s'établir. La mariée avait
apporté des biens évalués à 200
livres, et elle bénéficiait d'une dot
royale de 50 livres.
- En
1652, Jean de Lauzon, devenu gouverneur
de la Nouvelle-France en remplacement de
Louis d'Ailleboust de Coulonge, avait
concédé à ce dernier, au nom de la
Compagnie des Cent-Associés, le fief
d'Argentenay, situé à l'extrémité est
de l'île d'Orléans. Peu après être
devenue veuve, Mme d'Ailleboust y
concéda une terre de trois arpents de
front à Pierre Lelat et à son épouse,
Françoise Crepel (Crépeau). Le colon y
vécut jusqu'en 1670 et y construisit une
cabane, un hangar et un four. Or, le 18
octobre de cette année-là, Joseph
Bonneau s'en porta acquéreur par-devant
le notaire Paul Vachon, moins de deux
mois après son mariage.
- Joseph
Bonneau passa le reste de son existence
sur sa terre de l'île d'Orléans. Six
enfants naquirent au couple
Bonneau/Lelong, dont quatre fils, mais
deux de ceux-ci décédèrent au début
de la vingtaine, apparemment
célibataires. On ne sait rien de
l'aîné, Jean, sauf qu'il était
hospitalisé à l'Hôtel-Dieu de Québec
en mai 1697. Le deuxième fils, Joseph,
né en 1673, épousa à Sainte-Famille,
le 16 mars 1696, Anne-Françoise
Bissonnet, fille de Pierre et de Marie
Dallon. Le couple s'installa dans la
seigneurie de La Durantaye, sur la rive
sud du fleuve, en aval de Lévis. Mais le
père mourut prématurément, en 1703,
laissant deux fils qui le suivirent la
même année dans la tombe.
- Lors
du recensement de 1681, Joseph cultive
sept arpents et possède trois bêtes à
cornes. Rien ne laisse prévoir le deuil
qui va le frapper. En février 1684, il
perd son épouse, qui le laisse avec des
enfants en bas âge. Deux mois plus tard,
il contracte une seconde union avec
Marie-Madeleine Duchesne, fille de Pierre
et de Catherine Rivet. Nos familles
Bonneau descendent donc de fils issus de
ce mariage.
- Le
couple Bonneau/Duchesne eut neuf enfants
dont six fils. Le benjamin, Jérôme,
décéda au berceau; les cinq autres
fondèrent à leur tour des foyers.
L'aîné, Jean, contracta deux unions: la
première en 1708 avec Élisabeth Gagné,
fille d'Olivier et d'Élisabeth Pépin
(trois fils et une fille), et la seconde
en 1717 avec Marie-Charlotte Labadie,
fille de François et de Jeanne Hébert
(un fils et trois filles).
- En
1713, Augustin conduisit à l'autel sa
belle-soeur, Geneviève Gagné, qui lui
donna dix fils et trois filles; cinq des
fils devaient se marier à leur tour.
- Dominique
choisit pour compagne de vie, en 1716,
Françoise-Agnès Gingras; elle était la
fille de Sébastien et de
Marie-Geneviève Guillebourg et avait
été l'épouse de François Jérémie,
sieur de Voisy et dit Lamontagne, à qui
elle avait donné trois enfants (dont des
jumeaux) en deux ans de mariage. Le sieur
de Voisy était le fils de Noël
Jérémie, l'ancien patron de Joseph.
Dominique fut père d'un fils et de deux
filles.
- Tout
comme l'aîné, Jacques se maria deux
fois; tout d'abord en 1723 avec Louise
Bouchard, fille de François et de
Marguerite Simard, et veuve de Joseph
Amiot dit Villeneuve; puis, en 1736 avec
Marie-Catherine Laforest dite Labranche,
fille de Jean et de Marie-Françoise
Rancourt. Les deux mariages eurent lieu
respectivement à la Baie-Saint-Paul et
à l'île aux Coudres. Deux fils et
quatre filles naquirent du premier, et un
fils et trois filles du second. Jacques
s'était fixé dans la région de
Charlevoix.
- Enfin,
en 1727, Basile unit sa destinée à
celle de Marie-Madeleine Parent, fille de
Jean et de Marie-Françoise Bélanger et
veuve de Vincent Vachon (huit fils et
quatre filles).
- Des
trois filles du couple Bonneau/Duchesne,
l'une décéda toute jeune, une autre,
Marie, fut mère de deux enfants naturels
et la benjamine épousa Louis Tremblay en
1716.
- De
nos jours, au numéro 1125 de la route
d'Argentenay (paroisse Saint-François),
une stèle avec inscription évoque la
mémoire du coupe Bonneau/Duchesne sur la
terre ancestrale avec une enseigne qui
exprime les sentiments des descendants:
«Fiers de nos aïeux - Bonneau».
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- Extrait
de: Portraits de familles pionnières de
Robert Prévost
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